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Laurence Parisot: "Philippe Varin est un homme de grande classe"

Laurence Parisot était l'invitée de BFM Business ce mercredi 27 novembre

Laurence Parisot était l'invitée de BFM Business ce mercredi 27 novembre - -

Laurence Parisot, ancienne présidente du Medef et invitée de BFM Business ce mercredi 27 novembre, salue le renoncement de Philippe Varin à sa retraite. Mais elle se demande pourquoi cette polémique a eu lieu aujourd'hui.

"C'est un homme d'une très grande classe". Laurence Parisot, ancienne présidente du MEDEF et invitée de BFM Business ce mercredi 27 novembre, n'hésite pas à saluer le geste de Philippe Varin. Le patron de PSA a annoncé qu'il allait renoncer à sa retraite dont le chiffre, 21 millions d'euros, a fait polémique ce mercredi.

"Je voudrais qu'on comprenne ce soir que Philippe Varin est un homme qui a remis PSA sur les rails. Il a plus que limité les dégâts. Il était confronté à un marché automobile effondré. Face à cela, il avait en plus, le cas d'une entreprise qui n'avait pas pris les mesures d'adaptation nécessaires depuis plusieurs années. De plus la situation actionnariale était délicate. Et il devait faire face un Etat qui se mêle de tout et au-delà du raisonnable, et à une situation sociale fragile et tendue. Dans ces circonstances, il a su redonner un cap à l'entreprise, et même préparer l'avenir avec l'alliance qui se discute avec le chinois".

Et elle ajoute, "même si PSA fait partie de notre patrimoine, nous parlons d'une entreprise mondiale. Et dans ce contexte-là, il faut que tout le monde sache que Philippe Varin n'était pas un homme surpayé, il a même une rémunération convenable, raisonnable et il avait renoncé à son variable. C'est un très grand chef d'entreprise".

Pour elle, il a eu raison de renoncer, compte tenu de la situation économique tendue de la France.

"Pourquoi cette polémique?"

Mais plus que la qualité de l'homme, la vérité que Laurence Parisot tient à rétablir c'est la raison de cette polémique. "Présenté comme cela, 21 millions, il y a de quoi être choqué. Sauf que ce n'est pas 21 millions. Ce n'est pas un capital qui lui sera donné au moment de son départ. Il n'a d'indemnité de départ. Il a simplement une retraite, certes bien supérieur, malheureusement à la retraite moyenne des Français, qui est garantie pour un montant de 310.000 net par an. L'entreprise est, elle, obligée, pour des raisons comptable, de provisionner sur plusieurs années le montant de cette retraite plus le montant des impôts. Mais il n'y aura pas un chèque qui lui sera donné".

Mais elle se demande surtout pourquoi cette polémique est née. "Pourquoi cette polémique-là? Grace au code AFEP – MEDEF tout est transparent. Ceci a été décidé en 2009, voté en AG en 2010, tout le monde (grand public, actionnaires, salariés, représentants du personnel, syndicats) connait cette information depuis 2010".

Et la réponse est claire selon elle. "C'est une manière pour le gouvernement de se défausser de sa propre responsabilité. Il ne faut pas créer des polémiques à contretemps et donc détourner l'attention des vrais enjeux qui sont: quelle est la politique économique de notre pays et comment aider les entreprises qui sont toutes dans une situation difficile?"

D'ailleurs elle conclut, "est ce que la réforme fiscale est une priorité? Est-ce qu'il ne faut pas d'abord penser à la réforme de l'Etat, de la protection sociale, des collectivités locales? Ces lieux qui contribuent à une dépenses publiques que nous arrivons plus à financier".

Diane Lacaze