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Le projet de LGV Tours-Bordeaux sur de mauvais rails

Les banques prêteuses doivent dire ce mardi 20 octobre si elles débloquent une nouvelle tranche de prêt pour financer ce projet de ligne à grande vitesse. Or ce chantier fait actuellement les frais d'un bras de fer entre la SNCF et les exploitants.

La ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux va-t-elle dérailler avant même la fin des travaux ? Le risque est faible, mais réel. Les banques qui financent le chantier doivent se prononcer ce mardi 20 octobre sur le déblocage d'une nouvelle tranche de prêt. Or le business plan semble mal ficelé.

De fait, le projet pâtit d'un véritable bras de fer. D'un côté LISEA, un consortium regroupant entre autres Vinci et la Caisse des Dépôts, doit exploiter la ligne pendant 50 ans. Pour rentabiliser ce chantier de près de 8 milliards d'euros et amortir ses coûts d'exploitation, LISEA tablait sur les recettes des péages des TGV, avec au moins 48 liaisons quotidiennes. De l'autre côté : la SNCF, son unique client, estime elle les péages trop chers, et table sur 10 trains de moins.

Le contribuable risque de payer

Problème : le projet n'est plus à l'équilibre. Les banques pourraient donc se montrer réticentes à le financer. Et Vinci, qui mène les travaux, serait contraint de cesser le chantier qui emploie 2.500 personnes.

Mais la facture peut s'avérer encore plus lourde. L'Etat a garanti les deux-tiers du montant total de 3 milliards prêté par les banques. Alors si le projet est enterré et qu'elles font jouer cette garantie, c'est le contribuable qui risque de payer. Alors que LISEA brandit le spectre de la faillite, la SNCF crie, elle, au chantage.

Elisabeth Hu