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Le Groupe ADP enregistre de lourdes pertes en 2020 dans un secteur aérien sinistré

ADP table sur une croissance en hausse pour 2016.

ADP table sur une croissance en hausse pour 2016. - Dominique Faget - AFP

Le gestionnaire d'aéroports Groupe ADP a subi une perte nette de 1,17 milliard d'euros en 2020. Sa trésorerie "stabilisée" devrait permettre "d'envisager sereinement l'année 2021" malgré la pandémie.

Le gestionnaire d'aéroports Groupe ADP a subi une lourde perte nette de 1,17 milliard d'euros en 2020 sous l'effet du Covid-19, qui a amputé son trafic passagers de 60% et sinistré le secteur aérien mondial.

L'entreprise, qui gère notamment les aéroports parisiens de Roissy-Charles de Gaulle et Orly, a vu son chiffre d'affaires chuter de 54,5% par rapport à 2019, à 2,14 milliards d'euros, a-t-elle indiqué mercredi soir dans un communiqué.

Elle évoque toutefois une trésorerie stabilisée qui devrait lui permettre "d'envisager sereinement l'année 2021" malgré la poursuite de la pandémie.

La chute du chiffre d'affaires est conforme à la fourchette précédemment évoquée par ADP et au consensus des analystes compilé par le fournisseur de données Factset. En revanche, la perte nette est plus importante qu'attendu: elle a notamment été aggravée par la révision à la baisse de la valeur d'actifs à l'international et par des provisions pour un plan de départs.

Prévisions de trafic revues à la baisse pour 2021

Témoin de la pression qui va continuer à s'exercer sur le transport aérien, affecté par la fermeture des frontières, le groupe a abaissé ses prévisions de trafic dans ses aéroports parisiens pour 2021: il compte atteindre entre 35% et 45% de celui de 2019, dernière année pleine avant la pandémie, contre une fourchette précédemment mentionnée de 45% à 55%.

A l'international "en revanche, nous comptons sur un objectif de trafic groupe de l'ordre de 45% à 55% en 2021 par rapport au trafic de 2019. Nous comptons bien sur le dynamisme de l'activité de nos concessions et autres actifs", a affirmé le directeur général adjoint finances du groupe, Philippe Pascal, lors d'une téléconférence de presse. ADP gère en effet plus d'une vingtaine d'équipements dans le monde.

Le chemin sera long pour retrouver l'activité d'avant la crise: ADP persiste à penser que "le trafic 2019 ne reviendra que dans une fourchette comprise entre 2023 et 2027", a précisé Philippe Pascal.

Côté trésorerie, malgré un trafic toujours très déprimé actuellement, de l'ordre de 35% de celui de 2019, "nous ne brûlons quasiment plus de cash", a-t-il ajouté, se disant déterminé à parvenir en 2021 et 2022 à une trajectoire d'"endettement maîtrisé".

La dette nette du groupe fin décembre 2020 atteignait 7,48 milliards d'euros contre 5,25 milliards un an plus tôt, ADP ayant emprunté sur les marchés pour affronter la crise.

Economies et départs volontaires

Ces résultats 2020 "portent les traces d'une crise brutale et sans précédent", mais "enregistrent aussi les efforts exceptionnels du groupe" pour y faire face, a ajouté Philippe Pascal, en mentionnant le déploiement d'un plan d'économies drastiques de 668 millions d'euros.

Ce plan, passant notamment par une fermeture partielle des infrastructures, dont des terminaux de passagers, a permis de préserver un excédent brut d'exploitation (Ebitda) positif, à 168 millions d'euros, s'est félicité Philippe Pascal. Et le chiffre d'affaires par passager était resté quasi stable en 2020 malgré la très forte chute de la fréquentation.

ADP avait annoncé la signature en décembre d'un accord de rupture conventionnelle collective fixant à 1150 le nombre maximum de départs volontaires -dont 700 ne seront pas remplacés- et permettant d'éviter des départs contraints. Au total, le groupe, dont l'Etat est l'actionnaire majoritaire, va se séparer de 11% de ses effectifs d'avant-crise.

P.D. avec AFP