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Le bénéfice de la RATP a chuté en 2016

Chute du bénéfice de la RATP en 2016.

Chute du bénéfice de la RATP en 2016. - KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Le bénéfice net de la RATP a fondu en 2016 sous l'effet d'un cumul d'éléments, dont un nouveau contrat avec le Stif et le paiement de l'impôt sur les sociétés, mais le groupe maintient ses objectifs à horizon 2020.

Le bénéfice net de la RATP a été divisé par deux et demi, passant de 437 à 171 millions d'euros. Le chiffre d'affaires est lui aussi en baisse, de 2% par rapport à 2015, atteignant 5,45 milliards d'euros alors que le trafic a connu une "hausse modérée" (+1,6%) en Ile-de-France, avec plus de 3,3 milliards de voyages sur l'année. L'année 2016 a notamment vu l'application d'un nouveau contrat avec le Syndicat des transports en Ile-de-France (Stif), moins favorable à la RATP, puisque les contributions qu'elle reçoit sont en baisse d'environ 100 millions d'euros.

La chute du résultat net est "très largement (liée à) la baisse de rémunération du Stif. (...) On a eu cette année le cumul de cette baisse de rémunération et d'une absence d'indexation de notre rémunération du fait du jeu des différents indices", a détaillé Elisabeth Borne, PDG de la RATP, lundi lors d'une conférence de presse. La chute est d'autant plus forte que le résultat net de 2015 était particulièrement élevé, en raison d'éléments exceptionnels. Il y a un an, la RATP avait prévenu que 2016 serait en recul par rapport à 2015 en raison de la première année d'application de ce nouveau contrat, mais elle tablait sur un bénéfice net de 200 millions d'euros.

C'est également en 2016 que la RATP a, pour la première fois, payé l'impôt sur les sociétés, à hauteur de 28 millions d'euros. L'effet de change, enfin, a retranché deux millions d'euros au bénéfice net, et 65 millions au chiffre d'affaires. La RATP indique toutefois avoir maintenu "un très haut niveau d'investissements" en Ile-de-France à 1,78 milliard d'euros, avec l'appui du Stif, pour l'extension, l'entretien et la modernisation du réseau.

Objectif maintenu pour 2020

Les activités des filiales de la RATP dans les autres régions françaises et à l'international ont également souffert. Leur contribution "s'élève à 1,126 milliard d'euros, en léger retrait de 1,5%, compte tenu des impacts conjoncturels, notamment liés aux attentats et à leurs conséquences sur la fréquentation touristique", et de l'effet de change, détaille le groupe dans un communiqué. La principale filiale, RATP Dev, en charge des activités de transport hors Ile-de-France et à l'international, a réalisé un chiffre d'affaires de 1,1 milliard d'euros. L'activité des bus touristiques a notamment été pénalisée.

La part de la contribution des filiales au chiffre d'affaire du groupe reste stable par rapport à 2015 avec 20,7%. Leur contribution au bénéfice net est "légèrement positive. On aurait voulu qu'elle le soit plus, mais l'année a été difficile", a commenté, lors de la conférence de presse, Alain Le Duc, directeur financier de la RATP. La RATP confirme toutefois être "en ordre de marche" pour atteindre son objectif d'un chiffre d'affaires de 7 milliards d'euros en 2020, "dont 30% générés par les filiales". Elle mise pour cela sur les appels d'offre auxquels elle a répondu, dont les résultats doivent être annoncés cette année, et "qui portent sur un montant total potentiel de plus de 900 millions d'euros dont près de 50% dans le métro automatique".

Le groupe attend notamment dans le courant de l'année les résultats concernant des lignes de métro à Riyad (Arabie Saoudite) et Doha (Qatar), qui représentent à eux seuls 40% de ces 900 millions d'euros. Un premier appel d'offres "massif" pour l'achat de bus électriques en Ile-de-France doit être passé en 2017. La RATP s'est fixé l'objectif que les 4.600 bus de sa flotte soient, en 2025, à 80% électriques et à 20% au biogaz.

P.L avec AFP