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La SNCF veut revoir sa "façon de faire les 35 heures"

Guillaume Pepy a rappelé que son objectif était d'avoir 30% de billets vendus à petits prix dans les TGV en 2017.

Guillaume Pepy a rappelé que son objectif était d'avoir 30% de billets vendus à petits prix dans les TGV en 2017. - Eric Piermont - AFP

Alors que des négociations sur le temps de travail se profilent à la SNCF, son PDG, Guillaume Pepy, a estimé dimanche qu'il fallait faire "tomber certains tabous" au sein de la compagnie, notamment sur le fait que "l'organisation du travail serait figée".

Le président de la SNCF Guillaume Pepy a souhaité dimanche "renégocier à la SNCF la façon de faire les 35 heures", réaffirmant son souhait de "remettre à plat l'organisation du travail" pour baisser les coûts et préparer le groupe à l'ouverture totale à la concurrence.

La SNCF, qui doit renégocier d'ici au 1er juillet 2016 son accord sur l'organisation du temps de travail, doit "se réinventer", "faire tomber un certain nombre de tabous et, parmi ces tabous, il y a le fait que l'organisation du travail serait figée, qu'on ne pourrait pas réformer la SNCF", a déclaré Guillaume Pepy, invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

"Nous avons à renégocier à la SNCF la façon de faire les 35 heures pour que nos 35 heures soient plus efficaces. Plus efficaces dans l'intérêt des clients, pour avoir des trains plus à l'heure, plus fiables, moins chers. Il n'y a pas d'autre stratégie possible que de faire baisser les coûts", a-t-il poursuivi. "Faire baisser les coûts, c'est remettre à plat l'organisation du travail, c'est faire de la productivité", a-t-il dit encore, en réutilisant une formule employée il y a un an. La CGT l'avait alors accusé de jeter "de l'huile sur le feu".

Jusqu'à 300 millions de pertes liées aux attentats

Dans cette même émission, le président de la compagnie ferroviaire a martelé que la sûreté est la priorité de la SNCF. L'entreprise ferroviaire a en effet été très fortement touchée par les actes de terrorisme qui ont frappé l'Hexagone, bien au-delà des évènements du Thalys.

"Les attentats nous ont aussi coûté de l'argent. Sans doute cela nous a fait perdre de l'ordre de 50 à 100 millions d'euros car beaucoup de touristes étrangers ne sont pas venus en France", a déclaré Guillaume Pepy. La première semaine suivant le 13 novembre, l'entreprise ferroviaire a enregistré une baisse de 30 à 40 % de la demande de cette clientèle. Actuellement, la fréquentation se redresse. Mais l'impact pourrait se prolonger en 2016: "Nous avons estimé le risque sur le trafic, c’est-à-dire un impact structurel des attentats, qui pourrait être de l'ordre de 200 à 300 millions d'euros", a poursuivi le président de la SNCF.

Le coût des portiques n'aura pas d'impact sur les billets de Thalys

Face à l'urgence de rassurer les voyageurs, Guillaume Pepy rappelle les investissements effectués dans le secteur de la sécurité, qui s'élèvent à 500 millions chaque année. Des moyens supplémentaires ont été déployés pour mettre en place de nouveaux équipements, à l'exemple des portiques mis en œuvre ce dimanche sur les quais du Thalys. Leur coût : 2,5 millions par an et par quai. Leur généralisation à l'ensemble des gares n'a pas encore été décidée. En tout cas, "le prix des portiques ne va pas se répercuter sur les prix des billets des Thalys", a tenu à préciser Guillaume Pepy.

Pour l'heure, l'entreprise n'est pas encore fixée sur sa politique tarifaire de 2016, celle-ci devant être validée par le ministère des Transports. Guillaume Pepy a refusé de dire s'il avait demandé à son ministère de tutelle une augmentation du prix des billets, préférant mettre en avant sa politique de petits prix. "Mon objectif c'est qu'en 2017 il y ait 30% de tout petits prix sur le TGV, aux alentours de 35/40 euros", a-t-il rappelé.

Des TGV avec des sièges tournants

Quelques nouveautés sont au menu, avec une extension des destinations desservies par Ouigo qui vont être doublées pendant l'année 2016, notamment vers Nantes et Rennes. "On va aussi introduire des trains Intercités qui vont vers Nantes et Strasbourg et tout cela entre 15 et 35 euros", a-t-il ajouté.

Enfin, les adeptes du TGV vont bénéficier de certains éléments de confort dans les trains qui seront livrés cette année. "Pour la 1ère fois en France, les TGV vont être équipés de fauteuils tournants qui permettront à tout le monde d'être dans le sens de la marche, comme au Japon", a expliqué le patron de la SNCF. La climatisation, dont beaucoup d'usagers se plaignaient, a été aussi repensée "Au lieu d'être le long des vitres, elle se fera par le sol et le plafond, comme cela on ne sera plus gelé dans les TGV", a-t-il poursuivi.

Enfin, les voyageurs, quels que soient le train qu'ils prennent, devraient prochainement bénéficier d'une connexion internet digne de ce nom. "Nous allons signer dans quelques jours avec les patron d'Orange, SFR et Bouygues Telecom et des accords engageants pour que 90% des trajets en trains (Ter, Transilien, Intercité, TGV, ndlr) puissent avoir l'internet d'ici 2020. Les opérateurs sont décidés à le faire", a assuré Guillaume Pepy.

C.C.