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La SNCF va "remettre de la rigueur" avec un patron de la sécurité ferroviaire

La priorité est donnée à la sécurité.

La priorité est donnée à la sécurité. - Sébastien Bozon - AFP

Après une succession d'incidents, dont certains dramatiques, la SNCF va passer à l'action. Le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, devrait ainsi annoncer la nomination d'un patron de la sécurité ferroviaire.

Le déraillement du train en Alsace a été le signal d'alarme pour la SNCF. Le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, devrait annoncer, d'après La Tribune, la nomination d'un patron de la sécurité ferroviaire à la SNCF. Il aura autorité sur la SNCF, SNCF Réseau et SNCF Mobilité. Alain Vidalies devrait également annoncer la mise en place de réunions fréquentes, entre la direction et les syndicats, au sujet de la sécurité ferroviaire.

La semaine dernière, la SNCF avait annoncé à ses cadres et syndicats des décisions pour "remettre de la rigueur" dans les pratiques professionnelles. Ces décisions "ont un objectif, c'est de remettre de la rigueur à tous les étages", a souligné Jacques Rapoport, président du gestionnaire d'infrastructure SNCF Réseau (ex-RFF), dans un entretien à l'AFP. Elles ont été présentées jeudi au conseil de surveillance du groupe, aux conseils d'administration de SNCF Réseau et de SNCF Mobilités, aux cadres et organisations syndicales.

Priorité absolue à la sécurité

"Chacun des trois grands niveaux de notre organisation managériale - opérationnel, production et dirigeant - a vraiment des enjeux complètement nouveaux qui rompent avec les pratiques habituelles et qui montrent bien que la priorité absolue à la sécurité se traduit dans le fonctionnement quotidien", a-t-il continué. L'encadrement de proximité sera déchargé de certaines tâches pour passer plus de temps sur le terrain, les directeurs d'établissement devront analyser chaque incident dès le lendemain devant une autorité nationale et l'encadrement dirigeant n'aura, en 2016, "que des objectifs de sécurité et leur part variable sera exclusivement allouée en fonction du respect de ces objectifs", a détaillé Jacques Rapoport.

En effet, a-t-il rappelé, "le diagnostic, ce sont les trois accidents en un peu moins de trois ans (Brétigny, Denguin, et Eckwersheim, NDLR), ce sont quatre rapports d'expertise" et plusieurs incidents, comme un TER devenu incontrôlable sur 20 kilomètres, en Normandie. Il "ressort en fil rouge de tout ça que, parfois, on manque un peu de rigueur dans le respect et la mise en oeuvre des bonnes pratiques professionnelles", a-t-il ajouté, assurant qu'il ne s'agit pas d'une "mise en cause du personnel, de son professionnalisme, c'est un contexte général plutôt systémique, qui est d'ailleurs en partie lié à l'extrême complexité de nos règlementations et de nos organisations".

Pour la CFDT, premier syndicat à réagir, le "manque de moyen" mais surtout "la course à la productivité et à la réduction des coûts, la gestion par activité, ont engendré une perte de savoir-faire et de compétences" et l'objectif de rigueur affiché doit "passer par une évolution des process et du management de la sécurité". Un TGV qui effectuait le tout dernier essai sur le second tronçon de la LGV Paris-Strasbourg a déraillé à 243 km/h le 14 novembre, en raison d'un freinage tardif, faisant 11 morts. Les suspensions annoncées par la SNCF après cet accident ont été prononcées, a souligné le président du groupe ferroviaire, Guillaume Pepy, lors de cet entretien avec l'AFP, précisant qu'aucun détail supplémentaire ne serait communiqué.

D. L. avec AFP