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La SNCF propose-t-elle une prime à ses cadres pour "casser" la grève?

Guillaume Pépy, PDG de la SNCF, admet que cette grève perlée, qui démarrera ce lundi à 19 heures jusqu'à 8 heures jeudi, sera difficile à gérer

Guillaume Pépy, PDG de la SNCF, admet que cette grève perlée, qui démarrera ce lundi à 19 heures jusqu'à 8 heures jeudi, sera difficile à gérer - Lionel Saget - AFP

La grève perlée sera massive, mais risque surtout de désorganiser le réseau ferroviaire pendant des semaines. Pour tenter de faire rouler des trains, la direction de la SNCF aurait proposé une prime mensuelle de 150 euros à ses cadres pour prendre les commandes de quelques trains à la place des grévistes.

La grève qui démarrera dès lundi soir s'annonce massive et son organisation dite "perlée" désoriente la direction qui cherche des moyens de faire rouler quelques trains. Selon France Info ce dimanche, la SNCF pourrait proposer à ses cadres une prime mensuelle de 150 euros, rétroactive depuis janvier 2018, pour les inciter à conduire les trains pendant le mouvement.

Il ne s’agit pas d’une création, puisque cette enveloppe était déjà accordée aux cadre supérieurs, mais de l’élargissement de la prime de "conducteurs occasionnels" aux chefs d’équipe d’agent de conduite qui ne la touchaient pas jusque-là. De plus, elle ne s’élevait qu’à 120 euros jusque-là.

Pépy envisage de fermer des lignes

Pour la SNCF, il s’agit de répondre à une vieille revendication des chefs d’équipe qui ne percevaient pas cette prime lorsqu’ils remplaçaient des conducteurs. Mais pour les syndicats, c’est une carotte destinée à casser la grève en remplaçant les grévistes pendant le mouvement.

Une journée avant le démarrage de la grève, le ton monte entre le gouvernement et les SNCF. Ce dimanche, dans le JDD, le PDG de la SNCF Guillaume Pepy a dévoilé que des lignes pourrait même être fermées. "S'il manque des aiguilleurs, la loi ne nous permettant pas d'en réquisitionner, il y aura donc des lignes fermées". Il promet néanmoins que sur "sur les grandes lignes, les trains annoncés la veille à 17 heures seront garantis".

Une désorganisation du réseau ferré

Malgré cela, Guillaume Pépy admet que la grève perlée, qui démarrera lundi à 19 heures pour se finir jeudi à 8 heures avant de reprendre la semaine suivante, sera difficile à gérer. "Trois jours après la reprise du trafic, une nouvelle séquence de grève démarrera. Cela va désorganiser complètement la production. Si l'entretien technique d'un train ne peut être fait à cause de la grève, il ne pourra plus rouler. Et nous finirons par manquer de matériel", craint-il.

De son côté, la ministre des Transports Elisabeth Borne hausse le ton ce dimanche dans Le Parisien. "Je déplore franchement cette grève très pénalisante pour les voyageurs. Il est incompréhensible que les syndicats restent dans une posture de blocage qui n'est pas justifiée alors que nous apportons des réponses aux cheminots", a-t-elle poursuivi.

Pascal Samama