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La SNCF ne retrouvera pas son niveau de rentabilité d'avant-crise avant 2022

La SNCF se prépare au déconfinement

La SNCF se prépare au déconfinement - Patrick Guay- AFP

Selon les calculs de l'agence de notation financière S&P Global Ratings, la SNCF va voir son excédent brut d'exploitation sombrer cette année.

La SNCF, dont le trafic s'est effondré pendant le confinement et qui peine depuis à remplir ses TGV, ne retrouvera pas son niveau de rentabilité d'avant-crise avant 2022, a estimé mardi l'agence de notation financière S&P Global Ratings.

Le niveau de trafic de la compagnie ferroviaire devrait sur l'ensemble de l'année chuter de 30% sur les longues distances, de 20% sur les lignes régionales, et son excédent brut d'exploitation (Ebitda, un indicateur de sa rentabilité opérationnelle) sombrer de 70 à 75%, suivi d'un redressement pendant deux ans, explique S&P.

Une crise à 4 milliards d'euros

Celui-ci s'était établi à 5,7 milliards d'euros en 2019, année déjà marquée par la grève en fin d'année contre la réforme du système de retraite. "En l'absence de soutien de l'État et dans l'hypothèse d'une reprise progressive du trafic ferroviaire", il devrait "revenir aux niveaux d'avant la pandémie en 2022", ajoute l'agence.

S&P Global Ratings attribue donc à la SNCF la note à long terme de "AA-", signe que l'entreprise est un "émetteur de haute qualité", mais affectée par la situation économique. Délestée par l'État de 25 milliards d'euros de dettes, la SNCF est devenue une société anonyme le 1er janvier et ne peut donc plus s'endetter sans compter.

La crise du Covid-19 devrait coûter à elle seule près de 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, selon le PDG de l'entreprise Jean-Pierre Farandou, qui a appelé l'État à l'aide. Plusieurs ministres ont indiqué que l'État "ferait un geste financier" pour l'aider à faire face à la perte de recettes liées à la crise.

TL, avec AFP