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Transports

La SNCF délestée de 10 milliards d'euros de dettes

L'Etat poursuit et achève l'effacement de la dette de 35 milliards d'euros du groupe décidé en 2018 à travers la réforme ferroviaire.

C'est un ballon d'oxygène qui tombe au meilleur moment. Comme prévu, l'Etat actionnaire unique du transporteur efface 10 milliards d'euros de dettes supplémentaires.

L'opération, confirmée par Bercy, a été réalisée le 31 décembre dernier et concerne la dette contractée par SNCF Réseau, le gestionnaire des voies.

En réalité, l'Etat poursuit et achève l'effacement de la dette de 35 milliards d'euros du groupe décidé en 2018 à travers la réforme ferroviaire. Les autres 25 milliards avaient été apurés en janvier 2020.

L'objectif était "d'assainir substantiellement la structure financière de l'entreprise, conjuguée à l'amélioration des performances opérationnelles de la SNCF".

Un contexte qui a changé la donne

Mais le contexte sanitaire récent a changé la donne. Le confinement de mars 2020 et les restrictions qui ont suivi en 2021 ont plombé les finances de la SNCF qui a perdu 3 milliards d'euros en 2020 et qui devrait être encore dans le rouge l'an passé (780 millions d'euros de déficit au premier semestre).

Conséquence, la dette a eu tendance à regonfler: +3 milliards au premier semestre 2020 et 256 millions d'euros au premier semestre 2021. De quoi forcer l'opérateur à emprunter sur les marchés financiers pour compenser un flux de trésorerie déficitaire.

Et alors que la SNCF a un programme d'investissements chargé (11,5 milliards d'euros en 2021 sur fonds propres) pour l'entretien du réseau, ce début d'année s'annonce encore compliqué.

Malgré un bon remplissage lors des vacances de Noël, le télétravail est à nouveau à l'ordre du jour pour les salariés, de quoi faire baisser le volume des voyageurs professionnels qui sont essentiels pour la SNCF. En temps normal, ils représentent 40% du chiffre d'affaires du groupe...

Viser l'équilibre cette année

La SNCF pourrait être forcée à céder de nouveaux actifs. En 2021, la société nationale bouclait la vente de sa filiale Ermewa spécialisée dans la location de wagons de fret et leader européen en la matière pour plus de 3 milliards d'euros.

Car l'opérateur n'entend pas solliciter à nouveau l'Etat. "A ce stade, je ne demande pas de l'aide à l'Etat. On va emprunter l'équivalent de notre déficit pour faire face aux dépenses courantes", expliquait en novembre dernier son PDG, Jean-René Fourtou.

Mais "aujourd'hui, nous n'envisageons pas d'autres cessions", assure le dirigeant.

Jean-Pierre Farandou confirme par ailleurs l'objectif d'équilibre financier en 2022, convenu avec l'Etat lors de la réforme ferroviaire de 2018. "On sera à l'équilibre l'année prochaine. Pour y arriver, nous travaillons à développer le chiffre d'affaires. On ne sera pas très loin de revenir en 2022 au niveau d'avant le Covid", assurait-il.

Mais ces déclarations ont été faites avant l'annonce des mesures effectives depuis début janvier...

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business