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En quête d'argent frais, la SNCF sur le point de céder Ermewa pour 3,3 milliards d'euros

La SNCF va informer ses clients en temps réel

La SNCF va informer ses clients en temps réel - Ludovic MARIN / AFP

Cette filiale de la société nationale est un spécialiste de la location de wagons, racheté en 2010 par la SNCF.

Mise sous pression par la crise sanitaire, la SNCF qui a perdu 3 milliards d'euros l'an passé a été enjointe par le gouvernement à respecter ses objectifs financiers d'ici 2024 et à céder des actifs.

Fin 2020, la société nationale amorçait la vente de sa filiale Ermewa spécialisée dans la location de wagons de fret et leader européen en la matière. Cette opération est sur le point d'aboutir. L'acquéreur est un tandem formé par la Caisse de dépôt et de placement du Québec (CDPQ) et par DWS, la société de gestion d’actifs de Deutsche Bank. Six entreprises s'étaient au départ portées candidates.

Le groupe public français va maintenant entrer en "négociations exclusives" avec le consortium, sans préciser le montant de la transaction. Selon des sources proches dui dosssier, il serait de 3,3 milliards d'euros, soit bien plus que son objectif affiché de 2,5 milliards.

L'opération doit encore être approuvée par certaines autorités de la concurrence, dont la Commission européenne, et le ministre français de l'Economie.

"Le projet de cession d'Ermewa s'inscrit pleinement dans la stratégie du groupe SNCF: devenir un leader mondial de la mobilité durable des voyageurs et des marchandises", a commenté le PDG Jean-Pierre Farandou, cité dans le communiqué.

Le patron de la SNCF voit dans les futurs propriétaires d'Ermewa, associés à 50/50, "des partenaires de long terme, à même d'assurer la pérennité de l'activité de cette société", qui, si l'accord est finalisé sans encombre, doit rester "un partenaire commercial de SNCF".

La CDPQ est bien connue de la SNCF, puisqu'elle est coactionnaire de sa filiale de transports publics Keolis et de la compagnie transmanche Eurostar. Elle est aussi le premier actionnaire d'Alstom.

Outre une lourde perte l'an passé (néanmoins moins importante que prévu), la SNCF a dû alourdir à nouveau sa dette, que l'État venait d'alléger de 25 milliards au 1er janvier. Celle-ci s'élevait à 38,1 milliards au 31 décembre dernier.

Olivier Chicheportiche avec AFP