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La RATP se frotte à la concurrence à Paris

L'ouverture à la concurrence des transports parisiens se concrétise avec une ligne de bus qui ne sera pas exploitée par la RATP.

L'ouverture à la concurrence des transports parisiens se concrétise avec une ligne de bus qui ne sera pas exploitée par la RATP. - -

Pour la première fois de son histoire, la Régie des transports parisiens cède du terrain à un concurrent dans Paris intra-Muros. Un premier pas vers une ouverture à la concurrence sur son territoire historique imposé par l'Europe.

La RATP va subir le même traitement qu'EDF ou la SNCF et devoir faire de la place à ses concurrents sur son territoire historique. Une nouvelle ligne de bus parisienne, mise en service ce mercredi 16 octobre, sera exploitée par un autre opérateur qu'elle (voir encadré).

Une page se tourne donc pour la RATP. Depuis sa création en 1949, la Régie Autonome des Transports Parisiens détenait le monopole sur le réseau parisien, sous l’égide du Syndicat des transports d’Ile-de-France, le Stif. Cette exclusivité à durée illimitée était inscrite dans la loi en 1959. Cinquante ans plus tard, en 2009, l'Europe impose la dérégulation dans les transports. C'est l'Obligation de service public (OSP).

Une vraie concurrence en... 2039

Toujours en 2009, au moment de sa traduction dans le droit français, l'Etat profite d'une subtilité du texte pour prolonger de trente ans –le maximum autorisé- le monopole de la RATP sur les lignes existantes, à Paris uniquement.

Ainsi, la Régie conserve l'exclusivité jusqu'au 31 décembre 2024 sur les lignes de bus, jusqu'au 31 décembre 2029 sur les lignes de tramway, et au 31 décembre 2039 sur les lignes de métro et de RER. A ces échéances, le STIF devra exercer des appels d'offres.

En revanche, pour toutes les lignes nouvellement crées, l'ouverture à la concurrence est effective depuis décembre 2009. C'est ce qui permet à un autre opérateur de gérer la nouvelle liaison parisienne.

Un nouveau business model

En prévision, la RATP envisage un nouveau business model. Par exemple, en rentabilisant la gestion des infrastructures. Le Stif lui a cédé les siennes dans le cadre de la fin du monopole. Le groupe peut donc faire payer les nouveaux adhérents qui utilisent le rail, la signalisation, les centres bus, les gares et ateliers. Elle a par ailleurs récupéré la propriété immobilière de son siège et de ses locaux administratifs.

En outre, autorisée depuis 2000 à participer à des appels d'offres à l'étranger, elle s'est fixée des objectifs d'expansion ambitieux. Déjà devenue le cinquième acteur mondial du transport public, elle compte, d'ici 2020, réaliser au moins 30% de son chiffre d'affaires hors France. La Régie officie aujourd'hui dans une douzaine de pays (Italie, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Brésil, Inde…), et mise sur la croissance du marché mondial des transports publics pour grossir encore.

Nina Godart