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La guerre de la SNCF contre le sabotage

Les 30 000 kilomètres de voies à surveiller sont un véritable défi pour la SNCF

Les 30 000 kilomètres de voies à surveiller sont un véritable défi pour la SNCF - -

La SNCF doit faire face à de nombreux actes de malveillance. En premier lieu : le vol de métaux dont les prix se sont envolés. « En plus des moyens humains, il y a des moyens techniques nouveaux » pour lutter contre cette délinquance, explique le directeur de la sûreté à la SNCF.

Le sabotage d'un câble dans l'Yonne, dans la nuit de mercredi à jeudi, sur la ligne TGV entre Paris et le Sud-Est, fait partie des nombreux actes de malveillance auxquels la SNCF doit faire face. Avec 30 000 kilomètres de voies ferrées et 3 000 gares, les infrastructures ferroviaires, extrêmement difficiles à surveiller, représentent une cible de choix pour les dérobeurs de métaux dont les prix ont atteint des taux historiques.
En 2010, la SNCF et Réseau ferré de France, le gestionnaire du réseau, ont comptabilisé 3 353 vols et tentatives de vol de métaux - du cuivre dans 9 cas sur 10 -, soit une augmentation de 181 % sur un an. Le préjudice est lourd : il est évalué à 30 millions d'euros pour 2010 et 5 800 heures de retard cumulées dans la circulation des trains. Selon l'Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI), les vols de câbles sont faciles à commettre : les voleurs déterrent les câbles le long des voies, ou bien pillent les entrepôts de la SNCF ou de RTE (Réseau de transport d'électricité). Depuis l'hiver 2011, l'Etat, la SNCF et RFF ont mis en place un plan, doté de 40 millions d'euros, pour lutter contre ces vols.

« Un effet dissuasif »

Arnaud Peltier, fondateur de Win MS, société qui fabrique les mouchards accrochés aux câbles en cuivre tous les 14 kms, estime que ses produits pourraient faire baisser significativement les actes de sabotage que subi la SNCF : « La localisation en temps réel et à distance de la coupure apporte trois bénéfices essentiels. Elle permet aux équipes de maintenance d’accélérer la remise en service du trafic. Ça permet aussi de lancer une alerte immédiate auprès des forces de l’ordre. Ça permet aussi un d’avoir un effet dissuasif puisqu’on le signalement du dispositif devrait aussi freiner les malfaiteurs ».

« 2 700 hommes surveillent les voies »

Didier Schwartz, directeur de la sûreté SNCF, explique sur RMC que les 30 000 kilomètres de voies à surveiller sont un véritable défi : « Des moyens humains sont mis en place avec une surveillance du réseau. Ce sont plus de 2 700 hommes qui s’occupent de cette tâche au quotidien. S’ajoutent à cela les patrouilles nationales de police et de gendarmerie. Et en plus de ces moyens humains, il y a des moyens techniques nouveaux. Il y a notamment des survols en hélicoptère à la fois préventifs et répressifs. Grâce à cette action conjuguée des différents partenaires, on constate qu’il y a eu une baisse de ces vols. On note une baisse de 47% des nombres de vol au premier trimestre entre 2011 et 2012 ».

La Rédaction, avec Antoine Serres