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L'idée folle de l’Estonie: permettre à tous ses citoyens de faire le taxi

Pour Taavi Rõivas, Premier ministre de l'Estonie, l'économie collaborative peut être encadrée pour améliorer les services, créer des emplois et améliorer les recettes fiscales.

Pour Taavi Rõivas, Premier ministre de l'Estonie, l'économie collaborative peut être encadrée pour améliorer les services, créer des emplois et améliorer les recettes fiscales. - Thierry Charlier - AFP

En Estonie, le parlement étudie un texte qui permettra aux particuliers de transporter légalement des passagers contre rémunération, mais à certaines conditions.

Alors que les nouveaux systèmes de transport incarnés par Uber sèment le trouble dans plusieurs pays d’Europe, l’Estonie a décidé de prendre le taureau par les cornes. Ce petit pays balte de 1,3 million d’habitants pourrait même devenir en Europe le fer de lance de l’économie collaborative.

Selon Forbes, le parlement estonien étudie de lourdes modifications de sa loi pour permettre aux particuliers de transporter des passagers contre rémunération. Les seules conditions seraient que toutes les réservations soient effectuées en mode électronique et que les clients obtiennent le montant à payer dès la commande. Si le texte est adopté, ce serait une première en Europe.

Pour le Premier ministre Taavi Rõivas, le développement du collaboratif, qu’il touche le transport ou l’immobilier comme avec AirBnb, devient incontournable et ne peut se soumettre à des formes de "protectionnisme". "Ces nouveaux modèles économiques ne visent pas seulement à améliorer la qualité des services, ni même à développer une meilleure concurrence. Ils incitent de nombreuses personnes à devenir des entrepreneurs. C’est un enjeu important dans notre pays où la population est clairsemée".

Des recettes directement déclarées au Fisc

Pour développer cette activité, les élus ne comptent pas seulement sur Uber. Une start-up locale a créé l’appli TaxiFy qui pourrait même devenir la principale plateforme de réservation de transport du pays, mais aussi des états voisins comme la Lettonie et la Lituanie. Son dirigeant Markus Villig a même été reçu par le Parlement pour présenter le fonctionnement de sa plateforme et pour donner son opinion sur l’amendement en préparation.

Et pour ne pas inciter à la fraude fiscale, le gouvernement a pris des mesures dès 2015. Avec Uber, l'administration fiscale estonienne a créé un système qui transmet directement le montant des recettes générées pas les applis aux services des impôts. Pour éviter les erreurs ou les contestations, le contribuable aura la possibilité de vérifier les données et d'y apporter des modifications le cas échéant. Ce système sera progressivement appliqué à l’ensemble des offres collaboratives.

Malgré sa taille, ou peut-être grâce à elle, l’Estonie est l’un des pays d’Europe les plus ouverts aux nouvelles technologies. Dans son dernier rapport sur la société et l'économie numérique (DESI) de la Commission européenne, l’Estonie est en 15ème place sur 28, juste devant la France (16e) qui en a perdu deux en un an.