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Jean-Marc Janaillac nie avoir été "une marionnette" de l'État

Jean-Marc Janaillac, président-démissionnaire d'Air France.

Jean-Marc Janaillac, président-démissionnaire d'Air France. - Joël Saget - AFP

Le président démissionnaire d'Air France a nié mardi avoir été une "marionnette" de l'État. Jean-Marc Janaillac juge "insultante" cette accusation portée contre lui dans un tract diffusé par le SNPL, premier syndicat de pilotes à Air France.

"Je me dois de réagir face à l'idée que le gouvernement serait le réel dirigeant d'Air France, son président n'étant qu'une "marionnette" et son DRH l'exécuteur des directives de l'État", affirme Jean-Marc Janaillac, qui était également PDG d'Air France-KLM, dans un courrier interne adressé au SNPL. 

Le président démissionnaire d'Air France se dit "stupéfié par le dernier tract du bureau du SNPL du 6 mai" et assure que l'État ne lui avait pas "ordonné de proposer un gel des mesures" en juin 2016. Il nie aussi que le gouvernement lui ait "demandé une consultation de l'ensemble des salariés d'Air France sur le projet d'accord salarial".

"C'est une décision que j'ai prise, parce qu'elle me semblait la seule voie pour mettre fin au conflit en cours, et dont j'assume pleinement les conséquences, comme je l'avais annoncé", a rétorqué le PDG. Celui-ci doit formaliser sa démission lors d'un conseil d'administration le 15 mai, après avoir perdu cette consultation.

L'État ne définit "ni la stratégie, ni les actions" du groupe Air France 

Il a également assuré que que l'État ne définit "ni la stratégie ni les actions" du groupe, avant de reprocher aux représentants des pilotes leur "absence d'ouverture et (leur) volonté délibérée de créer une situation de blocage". "C'est ce qui nous a conduit à l'impasse d'aujourd'hui et à ce gâchis que nous regrettons tous", a-t-il affirmé. 

Les syndicats et la direction d'Air France s'affrontent depuis le début de l'année sur des revalorisations salariales. L'intersyndicale réclame une hausse de 5,1%, que refuse la direction. Les salariés, consultés par référendum par la direction, ont rejeté sa proposition de hausse salariale (2% immédiatement et 5% sur 2019-2021), entraînant la démission du PDG.

Lors de ce référendum, dont les résultats ont été publiés vendredi, 55,44% des personnels d'Air France avaient voté contre le projet d'accord salarial de la direction. Ils avaient massivement participé à cette consultation (80,33%).

A.M. avec AFP