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Huitième jour de grève à la SNCF, la confrontation se poursuit

Un TGV en gare de Marseille, mercredi dernier. Des perturbations affectent toujours mercredi le réseau ferroviaire au huitième jour de grève à la SNCF, où la confrontation persiste entre la direction et les syndicats à l'origine du mouvement. /Photo prise

Un TGV en gare de Marseille, mercredi dernier. Des perturbations affectent toujours mercredi le réseau ferroviaire au huitième jour de grève à la SNCF, où la confrontation persiste entre la direction et les syndicats à l'origine du mouvement. /Photo prise - -

PARIS - Des perturbations affectent toujours mercredi le réseau ferroviaire au huitième jour de grève à la SNCF, où la confrontation persiste entre...

PARIS (Reuters) - La confrontation se poursuit, au huitième jour de grève, entre la direction de la SNCF et les deux syndicats à l'origine d'un mouvement revendicatif qui n'a qu'un impact limité sur le trafic.

Le mouvement ayant été reconduit pour jeudi, l'entreprise publique prévoit de faire rouler 91% des Transilien, 79% des TER dans les régions et 82% des TGV.

Pour Intercités, le trafic sera de 71% et pour Corail et Téoz, de 61%, a-t-elle précisé dans un communiqué.

Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a refusé de donner une "prime aux grévistes" en accédant à la demande de la CGT Cheminots et de Sud-Rail de négocier d'urgence avec les seuls syndicats grévistes.

Reprochant à Guillaume Pepy de rester dans sa "tour d'ivoire", le numéro un de la CGT Cheminots a jugé la posture du patron de la SNCF "intenable."

"J'entends que la mobilisation qui a cours aujourd'hui puisse permettre à l'entreprise de faire d'autres propositions que celles qu'elle nous a faites", a déclaré Didier Le Reste à Reuters.

La direction de la SNCF a proposé une table ronde avec l'ensemble des syndicats le 21 avril.

"Si je négociais aujourd'hui de manière séparée avec les seuls grévistes, ce serait tout simplement une prime à la grève par rapport à la prime à la négociation", a dit Guillaume Pepy sur RMC Info et BFM TV.

Alors que la direction croyait pouvoir annoncer en début de semaine un quasi-retour à la normale, la grève a repris de la vigueur depuis mardi, en particulier dans le sud de la France.

MESURES D'URGENCE

Toutefois, le taux de grévistes n'était que de 3,97% mercredi contre 4,2% mardi, avec 27,59% des contrôleurs en grève contre 28,43%, et 28,91% des conducteurs contre 30,17%.

La direction dit observer une stabilité du nombre de grévistes dans quatre régions du sud de la France, notamment Provence-Alpes-Côte d'Azur et Midi-Pyrénées, mais une augmentation en Languedoc-Roussillon.

S'inquiétant de "risques de radicalisation" et d'un coup d'arrêt au dialogue social, un syndicat non gréviste, la CFTC, a appelé à trouver une "porte de sortie honorable".

Bernard Aubin, secrétaire général de la CFTC, qui désapprouve cette grève au moment où les syndicats doivent se mobiliser, selon lui, sur les retraites, a invité la direction de la SNCF à chercher l'apaisement.

Il lui propose de confirmer d'une façon formelle l'arrêt des réorganisations internes contestées par les grévistes. La SNCF pourrait aussi accorder à tous les cheminots le bénéfice d'un accord signé avant la grève avec deux syndicats minoritaires, a-t-il ajouté.

Guillaume Pepy a annoncé des mesures d'urgence pour les usagers, dont certains reprochent à la compagnie de ne pas tenir ses prévisions de trafic.

Il a promis que la SNCF publierait vendredi sur son site internet et dans la presse la liste train par train des convois en circulation. En outre, la société ne prendra plus de réservations sur les trains de grandes lignes à destination du sud du pays, là où la grève est très suivie. Les réservations déjà effectuées restent valables, a-t-il précisé.

Il y aura enfin des mesures de remboursement pour les clients victimes de la grève.

Gérard Bon, édité par Sophie Louet