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Grève à la SNCF: Pepy joue la carte des intempéries

Guillaume Pepy est le président de la SNCF depuis février 2008.

Guillaume Pepy est le président de la SNCF depuis février 2008. - AFP - Eric Piermont

"Le président de l'entreprise ferroviaire publique estime qu'en raison des dégradations liées aux mauvais temps, "on a besoin en ce moment à la SNCF de tout le monde". Mais Sud-rail et la CGT-Cheminots ont fait savoir qu'ils maintenaient leur préavis de grève."

Guillaume Pepy veut de la solidarité. Lors d'un entretien accordé à l'AFP ce vendredi, il a dit souhaiter la suspension de la grève au sein de l'entreprise publique, au nom de la "solidarité" avec les Français qui subissent notamment les conséquences des intempéries.

"Avec ce qui se passe, on a besoin en ce moment à la SNCF de tout le monde", a affirmé le dirigeant. "Je sais qu'à la SNCF, les cheminots sont capables de mettre un instant leur drapeau dans la poche, par solidarité". 

"Tout le monde devrait se poser la question"

"Compte tenu de ce que vivent les gens aujourd'hui, en région parisienne, dans la partie nord du pays, je suis sûr qu'avec cette situation, il y a pas mal de cheminots qui se disent que cette grève devrait être suspendue. Tout le monde devrait se poser la question sérieusement", a ajouté Guillaume Pepy. "C'est ce que les usagers attendent (...) de la solidarité", a-t-il encore assuré. "Et la solidarité ça veut dire concrètement suspendre la grève". À la suite de ces déclarations, la CGT-Cheminots et SUD-rail ont confirmé maintenir leurs préavis de grève. SUD appelant même à un "durcissement de la mobilisation", qui s'est traduite par un trafic toujours très perturbé vendredi, même si le taux de grévistes a chuté.

Guillaume Pepy a par ailleurs évoqué les "conséquences catastrophiques" des inondations sur le réseau ferroviaire, en particulier en Ile-de-France, des dégâts qui se compteront selon lui en dizaines de millions d'euros. "Les intempéries ont des conséquences très rudes sur le réseau et la vie des usagers, il y a plus d'une trentaine de points sur le réseau sur lesquels les équipes de SNCF Réseau sont en intervention, certaines prendront au moins une semaine", a-t-il dit.

Des glissements de terrain

Par exemple, la circulation sur la voie Paris-Versailles, la ligne N du Transilien, "ne reprendra que vendredi prochain au plus tôt" en raison d'un affaissement à la hauteur de Clamart (Hauts-de-Seine), a-t-il indiqué. Même délai pour la réouverture d'un tronçon Sud du RER D, où en raison de "cinq glissements de terrain sur un kilomètre, il y a 50.000 tonnes de matériaux à déblayer".

Interrogé en outre sur une éventuelle démission en raison de divergences avec le gouvernement, alors qu'une réunion de négociation ultime sur le travail des cheminots est prévue lundi, le président de la SNCF a répondu: "Je suis à mon poste avec les équipes, et à fond".

A.R. avec AFP