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Dans l'aérien, l'Europe reste championne des "incidents bagage"

L’édition 2018 du rapport "Baggage Report" montre que le secteur aérien a amélioré la gestion des bagages passagers, faisant chuter de 70% le taux d’incidents et d’erreurs d’acheminement depuis 2007.

L’édition 2018 du rapport "Baggage Report" montre que le secteur aérien a amélioré la gestion des bagages passagers, faisant chuter de 70% le taux d’incidents et d’erreurs d’acheminement depuis 2007. - Jack Guez-AFP

Le taux d'incident sur les bagages de passagers aériens a reculé dans le monde en 2017, eu égard à la hausse du trafic. Mais, selon l’étude "The Baggage Report", l’Europe affiche le taux le plus élevé: presque 7 bagages "à problème" pour 1000 passagers.

La perte, le retard ou la détérioration d'une valise restent autant de points noirs pour le transport aérien même si la situation s'améliore globalement. L'édition 2018 de l'étude "Baggage Report" (document ci-dessous) édité par la Sita, société de services informatiques pour le secteur aérien, révèle, depuis 2007, une chute de 70% du taux d’incident bagages, eu égard à la hausse du trafic sur la période. Un bagage "mal acheminé" désigne celui qui est retardé, endommagé ou volé et qui a été enregistré comme tel par une compagnie aérienne en ayant fait l'objet d'une réclamation de passagers.

Sur les 4 milliards de passagers en 2017, le taux d'incident bagage moyen ayant subi un problème d'acheminement a chuté à 5,57 pour 1000 voyageurs. Ce taux était encore de 18,8 pour 1000 alors qu'il n'y avait que 2,48 milliards de voyageurs transportés dix ans plus tôt.

Selon l'étude de la Sita, les retards de livraison des bagages concentrent en moyenne au niveau mondial 78% des problèmes, suivies par les détériorations et les vols dans les valises (17%), puis les pertes (5%).

Mais, ce satisfecit global sur la réduction des incidents bagages masque des disparités géographiques qui placent l'Europe bonne dernière sur ce plan. Le Vieux continent affiche un taux d'incident de presque 7 bagages pour 1000 passagers contre seulement 2,4 pour l'Amérique et 1,92 pour la zone Asie-Pacifique. Certes, l'Europe, entre 2007 et 2017, a vu sa situation s'améliorer puisqu'elle partait d'un taux de 16,60 bagages pour 1000 passagers. Mais, en 2016, le taux pour mille voyageurs était remonté à 8,06 après être descendu à 7,82 bagages en 2015.

Les vols en correspondance, cause de 47% des retards de bagage

L'écart significatif entre l'Europe d'un côté et l'Amérique du nord et la zone Asie-Pacifique de l'autre s'explique notamment par son rôle clé de "hub" dans le trafic aérien mondial. Les grands aéroports européens (Londres, Paris, Francfort, Amsterdam) accueillent une part très importante de voyageurs en correspondance, phase durant laquelle la perte ou le retard de bagages est fréquent. Or, 10,67 millions de bagages en correspondance ont subi en 2017 des problèmes d'acheminement jusqu'à leur destination. Cette phase de transit représente, de loin, la principale (47%) cause des retards constatés (avec 78%, les retards constituent la nette majorité des incidents), devant les erreurs d'étiquetage ou de valise acheminée à la place d'une autre (15%).

Le rapport se montre optimiste pour l'avenir. D'ici 2020, des services tels que les notifications de suivi en temps réel et l’enregistrement rapide des bagages en self-service devraient, selon lui, rapidement se généraliser.

Depuis juin 2018, les compagnies membres de l'IATA, qui représentent 83% du trafic aérien mondial, se sont engagées à appliquer une résolution qui les amène à garder une trace informatique du suivi de chaque bagage enregistré et à partager ces informations de suivi avec tous les acteurs impliqués dans la livraison de leur bagages aux passagers à leur destination finale.

Frédéric Bergé