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Daimler va bientôt produire une (vraie) Mercedes "made in France" 

Le PDG de Daimler a confié à l'usine Smart de Hambach la fabrication d'un futur modèle Mercedes. (image d'illustration)

Le PDG de Daimler a confié à l'usine Smart de Hambach la fabrication d'un futur modèle Mercedes. (image d'illustration) - Thomas Kienzle - AFP

Le groupe automobile allemand souhaite donner un second souffle à son usine française de Hambach ouverte en 1997. À l'avenir, ses chaînes produiront un nouveau véhicule Mercedes, aux côtés de Smart 100% électriques.

Et de deux! À l’horizon 2019, un deuxième modèle de la marque Mercedes sera fabriqué dans l’Hexagone. Comme l’a indiqué Dieter Zetsche (le PDG de Daimler) à l'occasion du salon automobile de Francfort, la production d'un véhicule de la marque à l'étoile va être confiée aux équipes Smart de Hambach (Moselle) et non à celles de l’usine Renault de Maubeuge (Nord).

Conformément à l’accord stratégique signé en 2010 avec Daimler, la marque au losange produit, depuis 2012, un petit véhicule utilitaire pour le compte de la firme de Stuttgart. Baptisé Mercedes Citan, ce véhicule est en réalité un Renault Kangoo rebadgé.

Alors que l’usine Smart de Hambach -connue sous le nom de Smartville- fête ses vingt ans cette année, l’arrivée d’un nouveau modèle Mercedes sur ses chaînes s’accompagne d’autres "cadeaux".

Dès le printemps 2018, le site accueillera une "Tecfabrik" Mercedes. C’est-à-dire "un atelier qui expertisera toutes les versions avant qu’elles ne passent les épreuves d’endurance et les crash tests, bien en amont de la fabrication en série" précise Serge Siebert, le patron de Smart France cité par Le Républicain Lorrain.

Relancer une usine qui tourne au ralenti

En parallèle, l'organisation des chaînes de Smartville sera revue afin de coller au plan d'électrification des gammes du groupe Daimler. Ainsi, dès 2020, la Smart Fortwo destinée aux marchés européen et nord-américain ne sera plus disponible qu'avec une motorisation 100% électrique. L'électrification des versions dédiées à l'Asie étant différée à 2022.

Selon un porte-parole de la marque, cité par Les Échos, ces annonces "sont une bonne nouvelle" pour l’usine car "son avenir est assuré". Une destinée loin d'être évidente en raison d'une baisse continue des ventes de Smart Fortwo et Fortwo Cabriolet. D'après des sources syndicales, l'usine n'a produit que 80.000 véhicules cette année contre 100.000 en 2015. "Nous craignons de tomber à 70.000 pour les douze mois à venir" souligne un délégué CGT dans les colonnes du quotidien économique. 

Serge Siebert indique pour sa part, dans Le Républicain Lorrainque les investissements consentis sur le site français peuvent être vus comme une récompense de Daimler accordée aux 700 salariés lorrains qui ont consenti à faire des efforts de compétitivité. Pour rappel, dans le cadre du "pacte 2020" ceux-ci ont accepté de travailler 39 heures par semaine tout en étant payés pour 37 heures de travail. 

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV