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Comment la production automobile française a chuté du 2e au 5e rang européen

Usine PSA de Sochaux

Usine PSA de Sochaux - SEBASTIEN BOZON / AFP

Dans une étude, l'Insee montre comment de 2011 à 2016, la production automobile française a dévissé, notamment au profit des pays de l'Est.

La désindustrialisation de la France ces dernières années a clairement été alimentée par le transfert vers d'autres pays européens de la production automobile et par la concurrence étrangère. Selon une étude que l'Insee vient de publier, le constat est sans appel.

Alors qu'elle était le deuxième producteur européen d'automobiles en 2011, la France a chuté au cinquième rang en 2016 avec 6,7% de la production, dépassé par l'Italie (7,2%), l'Espagne (7,4%) et le Royaume-Uni (8,2%). L'Allemagne, elle, est restée en tête sur la période et a même consolidé sa position (44,5% contre 40,6% en 2000).

"La production automobile française est désormais la cinquième de l'Union européenne". Elle "est en perte de vitesse, surtout depuis la crise" financière de 2008, note l'Insee.

"Contrairement à la production des principaux pays producteurs, celle de la France n'a pas récupéré son niveau d'avant la crise de 2008", soulignent les auteurs de l'étude, qui ne prend pas en compte les données postérieures à 2016.

Un poids divisé par deux depuis le début des années 2000

L'Insee estime à 55 milliards d'euros la production automobile française en 2016. Le chiffre inclut la fabrication de véhicules, mais aussi de pièces diverses, comme les boîtes de vitesse ou les embrayages.

Depuis le début des années 2000, le poids de la production automobile française en Europe a été divisé par deux (elle représentait 13,1% en 2000, ce qui était alors "seulement" 3,1 fois moins que l'Allemagne). Dans le même temps, le poids des pays de l'Est a plus que triplé, à 16,5% du total contre 5,2% en 2000.

Evolution de la production automobile des principaux pays producteurs
Evolution de la production automobile des principaux pays producteurs © Insee

Par ailleurs, le solde commercial français des produits automobiles était déficitaire de 9,6 milliards d'euros en 2016, indique l'Insee, en notant que ce solde est passé en territoire négatif depuis 2008. 

Ce déficit "vient exclusivement des voitures particulières" alors que les échanges pour les équipements sont excédentaires. L'Insee y voit l'effet "des importations de constructeurs automobiles étrangers, majoritairement allemands", notant que ces derniers produisent très peu, voire pas du tout, en France.

La perte de vitesse de l'industrie automobile française s'explique en partie par "les parts de marché prises par les marques étrangères importées", mais aussi par "l'internationalisation de la production" des groupes français.

"Les productions des groupes français à l'étranger" réduisent la balance commerciale de deux façons: lorsqu'elles sont réimportées vers la France, mais aussi "lorsqu'elles servent la demande locale (et) se substituent potentiellement à des productions nationales exportées", expliquent les auteurs.

Olivier Chicheportiche avec AFP