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Christian Peugeot (CCFA): "les pouvoirs publics sont un peu radins avec l'automobile"

Le président du Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA) était invité sur le plateau de 12H, l'Heure H, pour évoquer les mutations du secteur, en partie impulsées par les politiques publiques.

Un malus plus sévère pour les véhicules polluants en 2020. C'est la décision du gouvernement pour se conformer aux règles européennes plus strictes, en faveur de la lutte contre le changement climatique. Un virage écologique, au niveau du continent, qui bouscule déjà le secteur de l'automobile. "Ça va quand même chambouler les marchés, et il y a un peu d'incertitude devant ce nouveau contexte" analyse Christian Peugeot, président du Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA), invité sur le plateau de 12H, l'Heure H. Or, "l'incertitude n'est jamais bonne pour la dynamique d'un marché."

Plus spécifiquement sur le bonus-malus français, le président de la fédération de constructeurs français juge que "les pouvoirs publics sont un peu radins avec l'automobile." Selon lui, "l'automobile apporte 44 milliards de taxes à l'Etat" qui "en dépense 14 pour la mise en place des infrastructures des routes."

"Ça fait 30 milliards nets" à disposition, rappelle l'ancien directeur de la communication de PSA.

"Si on veut permettre, notamment aux véhicules électriques de se développer, un contexte favorable en terme de bonus est nécessaire" insiste Christian Peugeot. "Ce ne sont pas les sommes envisagées, éventuellement en perte alors que l'Etat a gagné de l'argent depuis deux ans d’ailleurs sur ces bonus-malus, qui devraient bloquer ces évolutions."

Et de proposer des mesures incitatives au gouvernement : "maintenez les bonus sur les électriques au niveau actuel – 6000 euros. Mettez un bonus sur les véhicules électriques rechargeables qui existaient avant, si possible 2000 euros. Créez un contexte un peu favorable pour le consommateur" conclut-il.

Thomas Leroy