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Ces privilèges des taxis dont les VTC veulent maintenant bénéficier

Les VTC font sept propositions parmi lesquelles une détaxation partielle sur les carburants et des accès réservés dans les gares et les aéroports.

Les VTC font sept propositions parmi lesquelles une détaxation partielle sur les carburants et des accès réservés dans les gares et les aéroports. - Mehdi Fedouache - AFP

Quatre entreprises françaises de VTC proposent au médiateur nommé par le gouvernement de leur donner accès à des avantages traditionnellement réservés aux taxis. Ils veulent ainsi "corriger des distorsions de concurrence injustifiées" pour améliorer les revenus des chauffeurs.

Comment améliorer les revenus des chauffeurs de VTC sans augmenter les tarifs pour ne pas risquer de freiner le développement du secteur? C’est pour répondre à cette question épineuse que quatre entreprises de VTC (Chauffeur Privé, SnapCar, Marcel et AlloCab) réunies au sein de la FFTPR (fédération française du transport de personnes sur réservation) proposent quelques pistes à Jacques Rapoport, le nouveau médiateur nommé par Alain Vidalies, ministre des Transports.

Pour les dirigeants de ces entreprises, il faudrait modifier la réglementation pour que les VTC bénéficient de droits habituellement réservés aux taxis. Ils réclament une détaxation partielle sur les carburants, des accès réservés dans les gares et les aéroports, la possibilité d’utiliser les couloirs de bus et la voie rapide qui mène à l’aéroport Charles de Gaulle, et le droit de travailler pendant la journée sans voiture.

Ils demandent aussi que les voitures avec chauffeur soient reconnues comme un "moyen de transport conventionné pris en charge par la sécurité sociale". Selon la FFTPR, cette activité représenterait un milliard d’euros de recettes. Enfin, ils proposent que le gouvernement leur accorde une réduction des charges pour améliorer le statut de travailleur indépendant.

Des revenus pénalisés par la journée sans voiture

L’État dispose "de tous les outils pour créer des conditions d‘exercice favorables aux chauffeurs" en prenant des mesures qui "ne coûtent rien", affirme Yves Weissenberger, patron de SnapCar. Selon lui, ses propositions consistent à "corriger des distorsions de concurrence injustifiées". 

En plein conflit entre Uber et ses chauffeurs, ces demandent ne risquent-elles pas de rallumer une autre guerre, celle entre VTC et taxis? "Il ne s’agit pas de les provoquer", a précisé Yanis Kiansky, fondateur d’Allocab, à BFMBusiness.com. "C'est avant tout une question d’équité. Avec leur licence, les chauffeurs de taxi ont la mainmise sur la maraude, soit, mais pour le reste, les règles doivent être les mêmes. Est-ce normal que les VTC soient interdits de travailler dans Paris pour la journée sans voiture alors que les taxis le peuvent? On leur retire 5% de leur revenu mensuel. Ce n’est pas normal!" Quant aux couloirs de bus, en plus d'un gain de temps par course, leur accès représenterait selon la FFTPR une augmentation de 10% sur la rémunération nette des chauffeurs.

Ces propositions seront abordées d’ici la fin du mois de janvier lors de la médiation organisée par Jacques Rapoport, ancien président de SNCF Réseau. Après Thomas Thévenoud et Laurent Grandguillaume, c’est désormais à lui de résoudre une équation délicate qu'il résume sur son blog. Elle consiste à améliorer la mobilité urbaine en créant des emplois, sans dégrader la situation des taxis, tout en améliorant les revenus des chauffeurs de VTC. Et tout cela sans demander aux clients de payer plus.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco