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Carlos Ghosn: "la décision sur ma rémunération est un geste, pas un coup de poker"

Carlos Ghosn veut pérenniser via la signature de ces accords la production française de Renault

Carlos Ghosn veut pérenniser via la signature de ces accords la production française de Renault - -

Le patron de Renault, est revenu ce vendredi 15 février sur BFM Business, sur sa décision de conditionner une partie de sa rémunération à la signature des accords de compétitivité, cruciaux pour le groupe.

La signature des accords visant à redresser la compétitivité des sites français de Renault est cruciale. C’est le message qu’a délivré Carlos Ghosn, le patron de Renault, dans l’émission Good Morning Business, ce vendredi 15 février.

"Nous avons un problème de compétitivité, personne ne le conteste", a-t-il lancé. Et pour faciliter la signature de ces accords, il a décidé de mettre en jeu 30% de sa rémunération variable, dont le versement sera conditionné au respect de certains engagements de la direction, notamment sur le volume de production promis et le maintien des usines.

Pour Carlos Ghosn cette décision est "un geste mais pas un coup de poker. J’ai voulu le faire car il est important de signer ces accords de compétitivité". Ils doivent notamment rassurer les employés "sur la pérennité du groupe" en France. Il "sera respecté à la lettre et tous les engagements de Renault, dans ce cadre, seront respectés", a plusieurs fois insisté, le patron de Renault.

Éviter les plans sociaux

Une méthode qui n'est pas du goût de Christophe de Margerie. Au même moment sur BFMTV, le PDG de Total a estimé que "l'annonce" de Carlos Ghosn sur sa rémunération "paraît déplacée, c'est une erreur de casting".

Carlos Ghosn a, par ailleurs, estimé que ces accords "contiennent des éléments raisonnables pour rétablir la compétitivité" des sites français avec "l’absence de plan social". Il ne pense pas que les échanges "se radicalisent". "Il y a des points de vue différents mais tout se déroule de façon constructive sur la table des négociations. Je pense que tous les partenaires veulent que cet accord soit signé".

Carlos Ghosn assure par ailleurs ne pas "faire l’objet de pressions", mais reconnaît "qu’il y a une attente car il est important pour la France que cet accord soit signé. Nous serions ainsi l’une des premières grandes entreprises en France, dans un secteur très compétitif, qui en signe un, et qui augmente sa production et fait venir des partenaires en France".

Les surcapacités de production ne sont pas forcément problématiques

Il a également souligné que Renault s’engage à augmenter sa production en France "alors que le marché européen est en déclin".

Carlos Ghosn a indiqué ainsi viser un volume de production de 710 000 véhicules par an à partir de 2016 quand, en 2012, le constructeur a produit environ 550 000 modèles dans l’Hexagone.

Cependant, ce niveau de 710 000 véhicules reste assez éloigné des capacités de production maximales de Renault, qui s'élèvent autour de 900 000 véhicules. Pour Carlos Ghosn ce dernier point ne constitue pas forcément un problème.

"Aucun constructeur n’utilise pleinement ses capacités en raison de problèmes de saisonnalité de flexibilité de la demande", a-t-il objecté.

"La question n’est pas là. La question et de savoir si nous pouvons avoir des opérations pérennes avec ces niveaux de production. Ma réponse est oui. Il n’ y a pas besoin d’être à 90% de capacités de production", a-t-il poursuivi.

"Il est possible de gérer une entreprise avec des capacités à 80% voire 75%. Tout cela dépend du "mix" de produits, si on fait des produits à forte valeur ajoutée par rapport au low-cost, ce qui est d’ailleurs notre cas en France", conclut-il.

Julien Marion