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Bientôt, les satellites surveilleront les rails et géolocaliseront les trains

Qu’il s’agisse de gestion de la circulation, d’accès à Internet à bord des trains ou encore de géolocalisation, la SNCF et le CNES accélèrent leur coopération.

Qu’il s’agisse de gestion de la circulation, d’accès à Internet à bord des trains ou encore de géolocalisation, la SNCF et le CNES accélèrent leur coopération. - Patrick Hertzog-AFP

"Surveiller les voies, accéder à Internet ou localiser les trains : le CNES et la SNCF s'accordent pour faire bénéficier l'opérateur ferroviaire des dernières innovations spatiales dont le futur GPS européen, Galileo."

Le satellite va venir épauler le ferroviaire. Surveiller les voies, localiser les trains et améliorer leur accès à internet grâce aux satellites: les présidents du Cnes et de la SNCF ont signé un accord cadre pour faire bénéficier l'industrie ferroviaire des dernières technologies spatiales. Un comité de coordination "Rail et Espace" a été mis en place entre les deux entités. Il sera co-présidé par les président du directoire de la SNCF Guillaume Pepy et le président du Cnes (Centre national d'études spatiales) Jean-Yves Le Gall. Il se réunira chaque année.

Les équipes de la SNCF et du Cnes ont déjà commencé à travailler dans plusieurs directions depuis février 2016. La surveillance des voies et de leurs abords pourra être grandement facilitée par des satellites optiques, a expliqué Jean-Yves Le Gall. De son côté, l'interférométrie radar satellitaire, qui permet de détecter et de quantifier des déformations du sol avec une précision millimétrique, pourra aider la SNCF à dépister les affaissements des voies. Un enjeu important pour la sécurité.

La circulation et le pilotage des trains seraient facilités par le GPS

Le système européen de navigation par satellite Galileo servira pour sa part à savoir avec une grande précision où se trouve le train. C'est tout le système de contrôle-commande qui pourrait être modernisé pour la SNCF grâce l'utilisation de la géolocalisation par satellite. Actuellement, avec le GPS américain, "la précision n'est pas très grande", selon M. Le Gall. "Avec Galileo, on saura sur quelle voie se trouve le train". Cela aidera au pilotage.

Autre volet important: le Cnes va apporter à la SNCF les techniques de connectivité à très haut débit pour permettre l'accès à internet dans les trains grâce aux satellites. Guillaume Pepy s'est dit "convaincu de l'intérêt des technologies spatiales pour l'industrie ferroviaire", dans un communiqué commun SNCF/Cnes. Cette connexion à très haut débit des trains (à condition de les équiper d'une antenne ad hoc sur le toit) sera rendue possible par de nouveaux satellites utilisant la bande de fréquences KA, adaptée aux accès haut débit Internet via des antennes petites ou moyennes.

Des expérimentations techniques ont déjà commencé sur certains de ces sujets. La coopération s’engage aussi dans le domaine de l’économie des données, avec une mutualisation des compétences sur le traitement, la valorisation et la mise à disposition du très grand nombre de données produites pour les activités des deux partenaires.

La moitié de la constellation de satellite européenne Galileo sur orbite

La moitié de la constellation Galileo est en place après la mise en orbite "avec succès" mardi de deux nouveaux satellites destinés au système européen de navigation. "Avec ce lancement, la moitié des satellites de la constellation européenne Galileo est déjà en place", a souligné Paul Verhoef, directeur du Programme Galileo à l'Agence spatiale européenne (ESA).  Ce septième lancement Soyouz pour Galileo sera suivi des lancements de trois Ariane 5 spécialement adaptées, qui emporteront chacune quatre satellites Galileo d'un coup. "On a maintenant 14 satellites en orbite, 14 satellites qui vont être utiles pour la constellation", a déclaré Stéphane Israël, le PDG d'Arianespace. Conçu plus récemment que le GPS américain, Galileo intègre les dernières avancées technologiques et offre un signal plus précis. Le déploiement des satellites Galileo, entièrement financé par la Commission européenne, va coûter environ 7 milliards d'euros.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco