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Aéroport Nantes-Atlantique: l'État obligé de verser 200 millions d'euros à Vinci?

Un nouvel appel d'offres devra être lancé pour la concession de Nantes-Atlantique.

Un nouvel appel d'offres devra être lancé pour la concession de Nantes-Atlantique. - Loïc Venance-AFP

À la suite de l'abandon du projet Notre-Dame-des-Landes, un nouvel appel d'offres doit être lancé pour la gestion de l'aéroport Nantes-Atlantique. Ce qui devrait contraindre l'État à rembourser au gestionnaire actuel Vinci entre 200 et 300 millions d'euros pour rupture de contrat,

La facture de l'abandon de Notre-Dame-des-Landes, promettait d'être salée pour l'État et... elle va l'être. Une des conséquences collatérales de la décision prise en janvier 2018 par l'actuel gouvernement Philippe est le lancement d'un nouvel appel d'offres pour Nantes-Atlantique. Sa gestion est actuellement confié à Aéroports du grand Ouest (filiale du groupe Vinci), l'ex-concessionnaire de Notre-Dame-des-Landes. Cette nouvelle consultation, qui doit être organisée en 2019, ouvrira le marché de la concession aéroportuaire nantaise aux concurrents de Vinci.

Selon le quotidien Le Télégramme, le contrat actuel attribuant la concession de l’aéroport actuel de Nantes au groupe Vinci va donc être rompu. "Saisi par le gouvernement, le Conseil d’État a en effet rejeté il y a quelques jours la solution d’un avenant, qui était privilégié par l’État. Pour l’autorité judiciaire, le passage par la case nouveau contrat est donc obligatoire" soutient le journal.

L'actuelle concession de Nantes-Atlantique remise en cause

La fin anticipée de la concession actuelle de Nantes-Atlantique implique le versement par l’État d'indemnités à Vinci qui s'élèveraient à 40 % du montant des indemnités prévues en cas de rupture. Selon des estimations, celles-ci étant comprises entre 500 et 700 millions d'euros, la facture pour les pouvoirs publics pourrait donc atteindre les 200 à 300 millions d’euros, à verser rapidement. Ce montant n'inclut pas la compensation que négocie par ailleurs Vinci avec l'État concernant le préjudice financier lié aux recettes attendues sur l'ex-projet de Notre-Dame-des-Landes et qui ne verront pas le jour sur la durée de feu la concession, jusqu'en 2065.

La perspective d'un nouvel appel d'offres attribuant la concession aéroportuaire de Nantes-Atlantique, fait aussi craindre que Vinci ne gèle certains investissements de modernisation du site, pendant la période transitoire jusqu'à la désignation du nouveau concessionnaire.

Frédéric Bergé