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Notre-Dame-des-Landes: ce que l’abandon du projet va coûter à l'État

Edouard Philippe a annoncé ce mercredi l'abandon du projet d'aéroport controversé. Avec d'inévitables conséquences financières.

Après le fiasco de l'écotaxe, l'État va-t-il une nouvelle fois devoir payer ses atermoiements au prix fort? L’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-Des-Landes, annoncé ce mercredi, aura, c'est acquis, d'importantes conséquences financières. Mais celles-ci sont encore difficiles à évaluer de façon certaine.

D’abord parce qu'il va falloir indemniser le groupe Vinci qui, via sa filiale AGO, devait le réaliser et exploiter ce nouvel aéroport. Si le contrat est résilié pour motif d'intérêt général, le montant que peut espérer obtenir le géant du BTP serait de 350 millions d'euros maximum selon le trio de médiateurs nommé par le gouvernement pour l'aider à sortir ce dossier de l'impasse.

Cette évaluation reste toutefois "purement théorique", en raison de l'incertitude, notamment juridique, sur le principe même d'une indemnisation, "dans un contexte où le concessionnaire n'a pas bouclé son financement ni entrepris les travaux prévus dans le contrat", est-il souligné dans le rapport d'experts.

En outre, un collectif d’opposants ayant étudié de près le contrat passé entre l’État et Vinci estime que le montant de la compensation se situerait plutôt entre 150 et 200 millions d’euros.

Dès l'annonce du Premier ministre, Vinci s'est dit "à disposition" du gouvernement pour envisager la suite des évènements. L'État pourrait devoir également indemniser les six collectivités locales finançant la nouvelle plateforme et sa desserte, qui ont déjà versé 31 millions d'euros (notamment pour l'achat des terrains) sur un total de 120 millions d'euros prévu.

La modernisation de l'aéroport de Nantes moins coûteuse

La remise aux normes de l’aéroport existant va obliger l'État à mettre la main à la poche. La construction de nouvelles infrastructures, et notamment la modernisation de la piste, ainsi que la perte d’exploitation générée par la fermeture de l’aéroport pendant les travaux, auraient un coût compris entre 360 et 460 millions d’euros, selon le rapport d’experts.

Mais, toujours selon ce rapport, un aménagement de l’aéroport de Nantes coûterait bien moins cher qu’un transfert à Notre-Dame-des-Landes - la facture pour ce dernier étant estimée à 730 millions d’euros. La différence en faveur de l’option nantaise est donc estimée entre 270 et 365 millions d’euros par la mission de médiation.

En prenant en compte l’indemnisation de Vinci, et le coût des opérations de rétablissement de la force publique, notamment l’évacuation de la Zad, l’opération pourrait être quasi-blanche, voire rentable, pour l’État.

Y.D.