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Acte de naissance officiel pour la liaison ferrée express Paris-Roissy

Sur ses 32 kilomètres, CDG Express circulera sur 24 kilomètres de voies existantes (utilisées par la ligne K du Transilien et par le TER Paris-Laon et sur 8 kilomètres de voies nouvelles (de Mitry-Mory jusqu’à l’aéroport).

Sur ses 32 kilomètres, CDG Express circulera sur 24 kilomètres de voies existantes (utilisées par la ligne K du Transilien et par le TER Paris-Laon et sur 8 kilomètres de voies nouvelles (de Mitry-Mory jusqu’à l’aéroport). - Jacques Demarthon-ADP

Les députés votent ce mardi 27 septembre le projet de loi créant la société commune entre Aéroport de Paris et la SNCF qui construira la liaison ferroviaire reliant en 20 minutes l'aéroport de Roissy à la capitale. Son coût est estimé à 1,4 milliard d'euros, hors matériel roulant.

Les députés examinent ce mardi 27 septembre, un projet de loi relatif à la création de la liaison ferroviaire express entre Paris et l'aéroport Paris-Charles de Gaulle. Le texte leur est soumis par Ségolène Royal, ministre de l'Environnement, de l'énergie et de la mer et Alain Vidalies, secrétaire d'État chargé des Transports, de la mer et de la pêche. Il devra ensuite passer devant les sénateurs.

Cette inscription du texte de loi à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale indique que le calendrier de ce projet, connu sous le nom de CDG Express, a été accéléré. Il est vrai que cette liaison directe, véritable serpent de mer des transports publics en Ile-de-France, fait cruellement défaut à la capitale française. Sa construction serait un indéniable atout pour sa candidature aux JO de 2024. Le service express offrira pour 24 euros, une liaison tous les quarts d'heure entre la gare de l'Est et l'aéroport avec un temps de trajet de 20 minutes.

"Contrairement à d'autres aéroports internationaux, Paris-Charles de Gaulle ne bénéficie actuellement pas d'une desserte dédiée, obligeant les passagers aériens à emprunter la route (les autoroutes A1 et A3, qui figurent déjà parmi les axes les plus chargés d'Île-de-France et génèrent de fortes pollutions) ou les transports collectifs (RER B), fortement saturés par les trajets domicile-travail" rappelle le gouvernement pour justifier le dépôt du texte de loi. 

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- © Sur la longueur totale de 32 kilomètres, CDG Express circulera sur 24 kilomètres de voies existantes (aujourd’hui principalement utilisées par la ligne K du Transilien et par le TER Paris-Laon) et sur 8 kilomètres de voies nouvelles (de Mitry-Mory jusqu’à l’aéroport).

Ce texte comporte deux articles de loi. Le premier confie, dans le cadre d'un contrat, la concession de travaux du futur CDG Express, à une société, filiale de SNCF Réseau et d'Aéroports de Paris. Il n'y aura donc pas de mise concurrence pour ces travaux. En revanche, le deuxième article organise le choix de l'exploitant du service de transport qui sera désigné à l'issue d'une procédure de mise en concurrence.

Le financement de cette infrastructure n’est pas encore finalisé à ce stade. Son coût est estimé à 1,41 milliard d’euros aux conditions économiques de janvier 2014, hors acquisition des trains. Ce montant se répartit entre 1,1 milliard nécessaire pour les équipements ferroviaires (voies, quais, garages…) et 300 millions pour les aménagements de bâtiments dans et autour de la gare de l’Est, la gare terminus située dans l’aéroport, des travaux de génie civil en secteur aéroportuaire.

Les trains CDG Express circuleront "sur 24 kilomètres de voies existantes, principalement utilisées par la ligne K du Transilien et par le TER Paris-Laon, et sur 8 kilomètres de voies nouvelles de Mitry-Mory jusqu’à l’aéroport" explique le rapporteur du projet le député Philippe Duron.

Une taxe de 1 euro sur les billets des passagers

Reste à trouver l'argent pour financer cette ligne. Le gouvernement français a sollicité des fonds européens dans le cadre du plan Juncker. Un prêt spécifique "auprès de la Banque européenne d’investissement pourrait également être contracté, sur lequel des discussions préliminaires sont en cours" explique le rapporteur du projet à l'Assemblée nationale.

La mesure le plus contestée, pour boucler le financement de ce projet, est l'instauration d'une taxe de 1 euro par passager dont le voyage débute ou se termine à l'aéroport de Roissy. Elle pourrait être perçue dès 2017. Cette taxe, dont le produit pourrait représenter 40 millions d’euros par an, suscite l’opposition de plusieurs compagnies aériennes et la Fédération nationale de l’aviation marchande (FNAM). Mais le projet de loi n'aborde pas la question de ce financement complémentaire.Le gouvernement devra l’inscrire dans le projet de loi de finances rectificative, d’ici la fin de 2016, pour une mise en œuvre au 1er avril 2017.

Les grandes capitales ont déjà leur liaison express avec leur principal aéroport

Des lignes ferroviaires rapides entre le centre-ville et le principal aéroport existent dans de nombreuses capitales. En Europe, on trouve notamment le Flytoget d’Oslo, l’Arlanda Express de Stockholm, le Gatwick Express et le Heathrow Express pour Londres, l’Aeroexpress de Moscou… En Asie, de récents exemples sont fournis par Hong Kong, Kuala Lumpur et Shanghaï. Sur nombre de ces lignes, la fréquence des trains est comprise entre 10 et 20 minutes, les trains circulent 7 jours sur 7, en général 19 ou 20 heures sur 24, le Wi-Fi gratuit est disponible à bord des trains, et un service "VIP" ou "première classe" est souvent proposé, pour un tarif supérieur au tarif de base. Toutes ces liaisons ont pour point commun d’offrir une qualité de service assez élevée et une fiabilité qui les rend efficaces par rapport à leurs modes de transport concurrents.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco