BFM Business

Twitter licencie, Square en bourse: un même PDG dirige les deux...

Square fait partie des start-up américaines très en vue, avec une valorisation estimée à 6 milliards de dollars lors de son dernier tour de table fin 2014.

Square fait partie des start-up américaines très en vue, avec une valorisation estimée à 6 milliards de dollars lors de son dernier tour de table fin 2014. - Justin Tallis-AFP

Square, start-up spécialiste du paiement mobile, a prévu de s'introduire en bourse. Elle partage son PDG-fondateur, Jack Dorsey, avec Twitter, à la peine et qui licencie.

Jack Dorsey aurait-il le don d'ubiquité ? La start-up américaine Square, qui partage son patron-fondateur avec le réseau social Twitter, a dévoilé officiellement son projet d'entrée en Bourse.

Désigné comme PDG de Twitter, où il fait son retour aux commandes, Jack Dorsey est aussi actionnaire principal (avec 25% environ) de cette société spécialisée dans les paiements électroniques par smartphone.

Square compte aussi parmi ses investisseurs l'ancien basketteur Earvin "Magic" Johnson. Elle fait partie des start-up technologiques américaines très en vue. Sa valorisation avait été estimée à 6 milliards de dollars lors de son dernier tour de table fin 2014.

Square compte coter ses actions sur le New York Stock Exchange, sous le symbole "SQ", d'après une version provisoire du projet d'introduction rendue publique sur le site du gendarme boursier américain (SEC).

Twitter et Square : deux défis d'envergure à relever

La date précise de l'opération reste à déterminer, de même que le nombre exact de titres qui seront mis sur le marché et leur prix unitaire. Square cite toutefois dans son projet un montant indicatif de levée de fonds de 275 millions de dollars.

Les analystes n'ont pas manqué de poser la question qui est sur toutes les lèvres depuis son retour à la tête de Twitter : Jack Dorsey pourra-t-il mener de front la direction de deux firmes "stars" du numérique ?

Leurs défis respectifs sont d'envergure : redresser Twitter, qui doit licencier 8% de ses effectifs, en lui impulsant une dynamique nouvelle et confirmer le succès croissant de Square en réussissant son introduction en bourse.

Un document remis aux autorités boursières américaines, résonne comme un avertissement: "Cela pourra parfois nuire à sa capacité à consacrer du temps, de l'attention et des efforts à Square", est-il écrit à propos de Jack Dorsey et de sa capacité à piloter la firme.

Square revendique "des millions d'utilisateurs" dans le monde, dont beaucoup de petits commerçants indépendants mais aussi des chaînes comme les cafés Starbucks ou les supermarchés Wholefoods par exemple.

Square va perdre son juteux contrat avec Starbucks

Son service repose sur de mini-lecteurs de carte bancaire qui se connectent à un smartphone ou une tablette et permettent de réaliser, via une application dédiée, des paiements instantanés.

Elle se rémunère en ponctionnant une commission de 2,75% sur chaque transaction quand le commerçant utilise le lecteur de carte (fourni gratuitement), et de 3,5% plus 15 cents quand les données bancaires sont rentrées manuellement dans l'application mobile.

Square est sur une pente ascendante depuis 2012. Elle affiche un chiffre d'affaires annuel de 850 millions de dollars en 2014 (+ 54% en un an) pour des pertes nettes de 154 millions de dollars. Cette année, son activité totale devrait dépasser le milliard de dollars, sachant qu'elle a déjà réalisé 560 millions de dollars, sur les six premiers mois de 2015.

Une incertitude pèse toutefois sur son avenir : Square réalise environ 15% de son activité avec la chaîne de cafés Starbucks, qui doit cesser d'accepter les paiements mobiles réalisés avec Square à la fin de 2015.

Frédéric Bergé