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Technologie: aucune entreprise française dans le Deloitte Fast 500

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Ce classement identifie les 500 entreprises technologiques européennes qui affichent la plus forte croissance de leurs chiffres d’affaires entre 2014 et 2017. Les entreprises britanniques sont les plus nombreuses à y figurer.

Le dernier palmarès Deloitte Fast 500 des entreprises technologiques européennes ayant enregistré la plus forte croissance entre 2014 et 2017 illustre assez bien le mal français en la matière. Nos start-up démarrent fort, arrivent parfois à se faire un nom à l’international mais leur croissance plafonne assez vite.

Conséquence, on ne trouve aucune entreprise française dans ce classement de 500 firmes européennes. En tout cas aucune ayant son siège social dans l’hexagone. Selon ce critère retenu par Deloitte, iBanFirst qui a son siège à Bruxelles rejoint le contingent de jeunes pousses belges à forte croissance. Pour autant, il faut souligner la présence au palmarès de la fintech fondée le français Pierre-Antoine Dusoulier (précédemment fondateur de Cambiste.com, revendu à Saxo), qui exerce ses activités en France comme en Belgique.

A contrario, les sociétés technologiques britanniques sont présentes en force avec 118 entreprises dans le classement, suivi des Pays-Bas (82), de la Suède (49), de l’Allemagne (45) et de la Belgique (35).

C’est une firme suédoise qui prend la médaille d’or: Strossle International (présente dans les médias et le divertissement) avec 19.900% de croissance sur la période.

À la deuxième place, on trouve une entreprise de logiciel turque, EMFA, avec 19.381% de croissance devant le tchèque Prusa Research (fabricant d’imprimantes 3D) avec 17.122% et le britannique Delivroo (14.380%).

Médaille d'or pour une entreprise suédoise

Le Top5 est complété par Kiwi.com, un développeur tchèque de logiciels. Deux entreprises tchèques figurent donc dans le haut de ce classement.

Globalement, 18 pays sont représentés dans ce classement et les 500 entreprises listées ont généré une moyenne de 969% de croissance entre 2014 et 2017. C’est bien moins que la période précédente qui affichait 1377%.

La prochaine édition de ce palmarès pourrait néanmoins voir le retour d’entreprises technologiques françaises. Rappelons que le gouvernement a lancé plusieurs initiatives pour favoriser de grosses opérations de sortie comme des fusions-acquisitions ou des introductions en Bourse qui sont pour l'instant le talon d'Achille de la French tech.

Il s’agit notamment de la liste Next40 qui rassemble les start-up françaises les plus prometteuses. À la clé, toute une série de mesures d'accompagnement comme la participation aux délégations qui accompagnent le président de la République lors de ces voyages à l'étranger ou le soutien actif de l'Urssaf.

Objectif, aider les start-up à devenir des "licornes", ces entreprises non encore cotées valorisées à plus d'un milliard de dollars. Aujourd'hui, la France revendique 7 licornes. Elle en espère 25 d'ici 2025.

Il s’agira aussi d'inciter les grands groupes, qu'ils soient publics ou (surtout) privés, à investir dans la tech, un domaine où les grands investisseurs français sont généralement frileux, et de mieux flécher l’épargne et notamment l'assurance-vie, vers l'univers du numérique et des nouvelles technologies.

Olivier Chicheportiche