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Frédéric Mazzella ne veut plus que les start-up soient obligées "d'aller chercher des capitaux à l'étranger"

La tech française peine encore à mobiliser des fonds, une fois passés les premiers stades de développement des start-up. Frédéric Mazzella milite pour débloquer l'épargne longue des Français vers ce type d'investissement.

L'ambition de l'exécutif est claire. D'ici 2025, la France espère franchir la barre des 25 licornes tricolores (ces entreprises non cotées valorisées plus d'un milliard de dollars), contre sept à ce jour. Une initiative que l'écosystème français attendait non sans impatience. Il faut dire que face aux Gafa américains (Google, Amazon, Facebook et Apple) ou aux BATX chinois (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi), les start-up européennes, notamment françaises, peinent à se faire une place au soleil. Ces sociétés ont en particulier du mal à atteindre une taille suffisante pour se développer à l'international.

Certes, la tech française se développe, avec un nombre de licornes passé de 4 à 7 entre 2018 et 2019. Mais les entrepreneurs du secteur veulent accélérer. C'est l'une des ambitions du France Digitale Day organisé mercredi 18 septembre à Paris. Un événement qui réunit la crème de la crème des pépites technologiques européennes. Le président fondateur de Blablacar Frédéric Mazzella, également co-président de France Digitale, organisateur de l'événement, compte sur cette conférence pour insister sur la question du financement des start-up dans leur phase de développement. 

Renforcer les financements français

"Ce que l'on attend, c'est que les sociétés françaises, quand elles ont levé 5, 10, 30 ou 50 millions puissent ensuite également lever leur tour d'après à 100, 200 millions ou plus avec ces capitaux d'origine – en partie en tous cas – française", pointe le fondateur de Blablacar, invité ce mardi 17 septembre dans Good Morning Business.

Et de préciser: "Aujourd'hui, très souvent, les sociétés quand elles doivent faire ce que l'on appelle des 'mega rounds', des grands tours de financement de plus de 100 millions d'euros… Eh bien très souvent, elles vont le chercher à l'étranger parce qu'on n'a pas de fonds qui sont capables de faire des tickets aussi gros. Donc c'est vrai que si on arrive à débloquer de l'épargne longue et massive pour aller financer la croissance dans une phase assez avancée de nos sociétés qui le méritent. Eh bien ça leur évitera d'aller chercher les capitaux à l'étranger. Et, comme en plus ces capitaux-là sur des sociétés de ce type-là peuvent en multiple être très intéressants, ça fera en sorte que l'argent qui est investi venant de France retourne en France", assure-t-il.

De start-up à scale-up

Frédéric Mazzella le sait. "On peut créer plein de petites sociétés de 5, 10 ou 30 personnes pendant des décennies. C'est pas cela qui va révolutionner ni le paysage technologique, ni le paysage de l'emploi. En fait, les sociétés qui créent vraiment beaucoup d'emplois aujourd'hui sont plutôt les scale-up. Pourquoi? Parce qu'une scale-up, c'est une société qui a – on va dire – entre 50 et 250 personnes et qui, assez souvent, double d'effectif chaque année", explique sur BFM Business le dirigeant. 

"Alors, aux Etats-Unis, on a des statistiques qui montrent que plus d'un tiers des emplois, des créations nettes d'emplois sont liées directement ou indirectement au digital. Ça veut dire qu'une bonne partie des emplois de demain sont liés au digital. Donc on a tout intérêt, nous en tant que pays, à aller vers le digital pour justement pouvoir créer les emplois de demain", conclut le co-président de France Digitale.

JCH