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Selon son PDG, Bouygues Telecom fabrique bien de la rentabilité

Olivier Roussat était l'invité de Stéphane Soumier ce mardi matin.

Olivier Roussat était l'invité de Stéphane Soumier ce mardi matin. - BFM Business

"Le PDG de l'opérateur télécom français veut convaincre que si les négociations avec Orange ont échoué début avril, c'est que l'entreprise peut s'en sortir seule."

Après l’échec des négociations de rachat de Bouygues Telecom par Orange début avril, la filiale du groupe Bouygues entend prouver qu’elle est viable, seule. C’est ce message qu’est venu défendre Olivier Roussat, le PDG de la filiale créée en 1994, ce mardi matin sur BFM Business.

"Quand nous avons fait notre plan de marche en avril 2014, nous avons donné des échéances de retour à la profitabilité. Ces échéances, nous sommes en train de les suivre, mois après mois, trimestre après trimestre. Nous sommes totalement conformes au plan de marche que nous avions présenté à nos actionnaires en avril 2014. On est même un poil en avance", lance-t-il face à Stéphane Soumier. Mais l’entreprise est encore loin de la profitabilité. Sur le premier trimestre 2016, elle affiche des pertes à hauteur de 40 millions d’euros, pour 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires.

+151.000 abonnés sur le mobile

Malgré les difficultés financières que traverse Bouygues Telecom, Olivier Roussat affirme que le groupe est sur une pente ascendante: "Le revenu moyen par client est au-dessus de vingt euros. Il se tient relativement bien. Donc on est bien en train de fabriquer de la rentabilité, par un accroissement du volume", explique-t-il. Rappelant qu’"un opérateur mobile c’est un coût fixe. Plus vous le remplissez (augmentez le nombre de clients, ndlr), plus vous générez de la profitabilité, c’est précisément ce qu’on est en train de faire". L’opérateur français a gagné 151.000 abonnés sur mobile et 71.000 abonnés sur fixe en un an, d’après les résultats pour le premier trimestre 2016 publiés vendredi 13 mai.

Interrogé sur l’éventualité d’une remontée des prix sur le marché des télécommunications, Olivier Roussat affirme: "Je pense que la partie mobile va rester très concurrentielle, donc dans ces conditions, vous avez tout un volant d’offres qui va rester compétitif, c’est sûr, je n’imagine pas autre chose". En bref, pour les consommateurs, les prix ne devraient pas (trop) progresser selon lui.

Dépendance

Mais la capacité d’investissement dans les infrastructures demeure faible. C’est pourquoi Bouygues Telecom a notamment co-investi avec SFR sur la fibre optique. Mais cela risque de la condamner à vivre en dépendant de ses concurrents. Interpellé sur ce risque, Olivier Roussat se défend ainsi: "Notre objectif c’est d’apporter un Internet très haut débit au meilleur prix à l’ensemble des Français. (…) Cela n’importe pas tellement aux Français qu’on le leur apporte avec un réseau qu’on a investi en propre ou qu’on a co-investi. Ce qu’ils veulent c’est un prix bas avec un service qui fonctionne".

A.R.