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Saint-Gobain, Mondelez et les autres chiffrent l'impact de la cyberattaque

Les entreprises ont calculé leurs premières estimations de coûts de la cyberattaque Petya.

Les entreprises ont calculé leurs premières estimations de coûts de la cyberattaque Petya. - Flickr - CC

Des multinationales comme Saint-Gobain, Reckitt ou Mondelez, touchées par la cyberattaque d'il y a dix jours en subissent encore les effets, avec des milliers d'ordinateurs bloqués. Le montant des dégâts, qu'elles commencent à chiffrer, est astronomique.

Il y a dix jours, des entreprises du monde entier faisaient face à une cyberattaque massive à deux virus. L'un qui réclamait une rançon, que les experts en sécurité ont nommé Petya, l'autre qui détruisait tout sur son passage, NotPetya. Des groupes comme Saint-Gobain ont vu leurs ordinateurs de bureau se bloquer les uns après les autres, sans que les services informatiques n'y puissent rien.

10 jours plus tard, chez certaines, c'est toujours la catastrophe, avec 80% des PC en black-out, selon Guillaume Poupard, directeur générale de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes informatiques. Pire: elles ne savent pas quand elles reviendront à une situation normale.

Des PC bloqués et du chômage technique

Chez Saint-Gobain par exemple, la propagation du virus est contenue et aucune donnée personnelle n'a été exposée affirme le groupe. Il prévoit un retour à la normale la semaine prochaine. Mais aujourd'hui, des milliers de postes de travail ne fonctionnent pas, des employés au chômage technique restent chez eux, et des techniciens doivent s'occuper des machines une par une, regarder les disques durs, débrancher, rebooter les systèmes. Du coup, on trouve des dispositifs alternatifs, les dirigeants utilisent leurs messageries personnelles, parfois du papier et des stylos.

À l'international, des entreprises comme le mastodonte américain de l'agroalimentaire Mondelez, déplorent déjà l'impact de la cyberattaque sur leurs résultats économiques. Le propriétaire des biscuits LU prévoit de rogner son chiffre d'affaires à hauteur de 3% au deuxième trimestre. Ce piratage a particulièrement affecté ses livraisons et le service de facturation durant les "quatre derniers jours du deuxième trimestre", indique le groupe, qui produit également les chocolats Côte d'or.

170 millions d'euros par jour à Rotterdam

Il a également forcé le groupe à des dépenses inattendues, ce qui devrait augmenter ses coûts. Mondelez assure toutefois qu'une "majorité" de son système informatique fonctionne de nouveau normalement, et que les manques à gagner essuyés ce trimestre seront compensés au suivant.

Outre Mondelez, le laboratoire pharmaceutique Merck avait été touché. TNT Express, une filiale européenne de FedEx, était également affectée, ainsi que Reckitt Bensicker, le britannique spécialiste des produits ménagers et pharmaceutiques. Le groupe qui détient notamment Durex, Nurofen, Harpic, a abaissé sa prévision de chiffre d'affaires annuel, et anticipe désormais un repli de 2% de ses ventes au 2ème trimestre, ce qui représente un manque à gagner de 115 millions d'euros, sans compter les coûts de gestion de la crise. Le numéro un mondial du transport maritime, le Danois Maersk, prévoit que sa croissance soit amputée de 2 à 3 points, tandis que la paralysie partielle de quelques jours du port de Rotterdam aurait coûté 170 millions d'euros par jour. Autant dire que la cybersécurité va devenir le sujet principal des Comex ces prochaines semaines.

Frédéric Simottel, Nina Godart