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Pourquoi ce milliardaire américain est devenu chauffeur pour Uber

La nuit, Paul English prend sa Tesla Model S et se connecte à l'appli Uber pour rencontrer de nouvelles personnes et aussi, tenter de comprendre la manière dont sont notés les chauffeurs.

La nuit, Paul English prend sa Tesla Model S et se connecte à l'appli Uber pour rencontrer de nouvelles personnes et aussi, tenter de comprendre la manière dont sont notés les chauffeurs. - Paul English

"Paul English a vendu en 2012 le site Kayak, qu'il avait co-fondé, pour 2 milliards d’euros. Aujourd’hui, il sillonne les rues de Boston au volant de sa Tesla Model S pour le compte d’Uber. Son but: faire des rencontres et préparer le lancement d’une nouvelle start-up."

Paul English est connu aux États-Unis dans le milieu des start-up pour avoir créé Kayak, l’un des comparateurs de voyages les plus fréquentés. Désormais, il est devenu populaire auprès du grand public sans avoir rien inventé d’autre. Comment? Depuis la vente en 2012 de son site, pour 2 milliards d’euros, il a décidé de devenir chauffeur de VTC pour Uber.

Son but n’est pas de gagner quelques centaines de dollars par mois. Il désire rencontrer d’autres personnes que celles qu’il fréquente dans le monde de la nouvelle économie. Marre de ne fréquenter que des concurrents, des analystes, des investisseurs et des journalistes. Il veut aller à la rencontre des vrais gens pour connaître leurs centres d’intérêt, savoir ce qu’ils pensent du monde et découvrir leurs passions. À ses moments perdus, souvent tard la nuit, il prend sa Tesla, allume son appli et transporte des passagers.

Et comme il le raconte au site Inc.com, Paul English résume en une phrase toutes ces rencontres dans un carnet qui ne le quitte plus. "J’ai pris une jeune Chinoise de 13 ans qui visitait les écoles américaines et rêvait d’entrer un jour au MIT (Massachussetts Institute of Technologies, NDLR). Elle a cru rêver quand je lui ai dit que j’y enseignais". Et quand elle lui demande pourquoi il exerce cette activité, sa réponse est: "J’ai plusieurs vies".

Comprendre le système de notation d'Uber

En effet, depuis la vente de Kayak, Paul English n’a pas beaucoup pris de repos comme il le raconte sur son site. Cet hyperactif est donc enseignant au MIT, mais il a aussi créé GetHuman, un service collaboratif d’entraide technique, s’investit bénévolement dans des associations humanitaires et prépare un nouveau projet de start-up qui n’est pas sans lien avec son nouveau passe-temps.

Il s’agit de Lola qui a déjà levé 19,7 millions de dollars auprès d'Accel Partners et de General Catalyst Partners. L’originalité de ce service qui emploie déjà 19 personnes est de créer des itinéraires en fonction des centres d’intérêt de passagers qui ne désirent pas seulement se rendre le plus vite possible d’un point A à un point B.

Pour créer le système de notation des chauffeurs, Paul English s’intéresse à la méthode d’Uber. "Je veux comprendre sur quels critères un client attribue cinq étoiles à un chauffeur". Et ce qui le turlupine le plus, c’est sa note Uber de 4,97. "J‘aimerais savoir pourquoi quelqu’un ne m’a pas donné 5. Qu’est-ce que j’ai pu faire mal? J’ai besoin de le comprendre pour que les chauffeurs de Lola soient plus efficaces".

En attendant, ceux qui veulent rencontrer Paul English n’ont pas besoin d’appeler Uber. Pour consolider son image de "mec normal", le milliardaire est serveur chaque lundi soir dans un bar de son quartier. A-t-il l’intention de se lancer dans la limonade? "Non, c’est la manière la plus cool de rencontrer de nouvelles personnes".

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco