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Pour SFR, il faudra faire la différence entre "vraie 5G et fausse 5G"

Sur BFM Business, le directeur général de l'opérateur au carré rouge Grégory Rabuel ne remet pas en cause le calendrier des enchères fixé à septembre prochain. Mais il souhaite que les pouvoirs publics apportent une clarification entre les apports de la 5G en fonction des fréquences utilisées.

Malgré la pression de Bouygues Telecom pour un report, les enchères pour l'attribution des fréquences 5G auront bien lieu en septembre prochain après un premier report pour cause de coronavirus. Pour le gouvernement, ce lancement est essentiel, la 5G étant un levier de transformation pour l'industrie, d'autant plus qu'elle est déjà déployée dans certains pays européens.

SFR (filiale du groupe Altice tout comme BFM Business, NDLR) ne conteste pas ce calendrier: "on a besoin de visibilité en tant qu'opérateur télécoms", assure ce vendredi sur BFM Business son directeur général Grégory Rabuel.

Le responsable retient également les assouplissements proposés par le régulateur et notamment la levée de l'obligation de lancer la nouvelle génération de réseaux mobiles dans au moins deux villes avant fin 2020. SFR se dit également satisfait que la poursuite du déploiement de la 4G dans les zones rurales fasse partie de la problématique 5G avec les pouvoirs publics. "Il faut avoir une discussion globale", répète le responsable.

Peu d'intérêt pour le grand public

En tout cas, l'opérateur au carré rouge se dit "prêt" pour lancer "rapidement" la 5G commercialement. Reste la question des usages. Bouygues Telecom affirme par exemple que la 5G n'aura pas d'intérêt pour le grand public avant plusieurs années. Une remarque en partie validée par SFR.

"Ce qu'il faut noter: il y a deux moyens de déployer la 5G. Soit vous déployez sur la bande de fréquence 3,5 (Ghz, NDLR) qui là va apporter du débit supplémentaire aux Français tout de suite (...) nous allons prendre ce parti. D'autres opérateurs pourraient avoir l'intention de déployer la 5G sur une autre bande de fréquence dite 700 (Mhz, NDLR). Sur votre téléphone vous verrez écrit 5G mais vous n'allez avoir aucun bénéfice consommateur puisque ça sera même parfois moins bien que la qualité de la 4G", explique Grégory Rabuel.

Et de prévenir: "moi ce que je souhaite, et on en rediscutera avec les pouvoirs publics, (c'est qu'il) y ait bien une clarification entre c'est quoi la vraie 5G qui apporte une valeur ajoutée. Et puis c'est quoi entre guillemets la fausse 5G qui pourrait, elle, être juste finalement un effet d'affichage et de marketing. Dans ce cas là, il ne faut pas mentir aux Français". De quoi ouvrir un nouveau débat qui ne manquera pas de faire réagir les concurrents de SFR.
Olivier Chicheportiche