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Macron sur Michel Combes: "Il y a de l'indécence, il se moque de nous"

Le ministre de l'Économie a vertement critiqué Michel Combes, l'ex-patron d'Alcatel-Lucent, pour sa prime de départ.

Le ministre de l'Économie a vertement critiqué Michel Combes, l'ex-patron d'Alcatel-Lucent, pour sa prime de départ. - Lionel Bonaventure-AFP

Le ministre a tancé l'ex-PDG d'Alcatel-Lucent. Michel Combes avait affirmé la veille qu'il avait été critiqué par les Américains pour avoir divisé par deux sa prime de départ.

Le ministre de l'économie a vertement critiqué Michel Combes, l'ex-PDG d'Alcatel-Lucent passé chez Altice début octobre 2015. Invité d'Europe1, Emmanuel Macron réagissait à des propos de l'ex-dirigeant, tenus la veille, sur la même radio.

Michel Combes avait affirmé qu'il avait été critiqué par les Américains pour avoir divisé par deux sa prime de départ en quittant Alcatel-Lucent. "Mes collaborateurs étrangers m'en ont voulu d'avoir abandonné. Les points de vue sont différents selon les pays, les mentalités", avait-il déclaré.

Ces propos ont visiblement fait bondir le ministre. "Il y a de l'indécence. Il se moque de nous. Il ferait mieux de s'occuper de sa nouvelle entreprise. Je lui ai déjà dit de vive voix. Il ferait mieux de ne pas rouvrir ce chapitre qui a été clos" a asséné Emmanuel Macron.

Revenant, pour sa part, sur les conditions financières initiales du départ de Michel Combes d'Alcatel-Lucent, il enfoncé le clou: "La rémunération sert à récompenser le talent, la prise de risque mais cela ne saurait être un arrangement entre amis dans des circonstances choisies".

Deux points ont particulièrement choqué le ministre

Le ministre a rappelé que la révélation de ces conditions de départ, à la fin de l'été 2015, l'avaient choqué sur deux points.

"Le premier était lié au fait que Michel Combes ait décidé de partir avant la fin de la transaction avec Nokia. Quand on est patron d'une équipe, on va jusqu'au bout. Le deuxième point concernait la modification des règles de rémunération après l'annonce de la transaction et alors qu'il savait qu'il était en train de partir. Cela n'est pas correct. Quand on est mandataire social et dirigeant, on ne s'arrange pas avec le conseil d'administration pour modifier les règles".

Emmanuel Macron a ajouté: "C'est d'ailleurs cela qui a été reproché par le haut comité en charge de la gouvernance d'entreprise, ce qui a ensuite conduit à la division par deux de sa rémunération", rappelant que ce n'était pas l'Etat qui avait divisé par deux la rémunération liée au départ de Michel Combes. 

L'ancien directeur général d'Alcatel-Lucent est finalement parti avec l'équivalent de 7,9 millions d'euros et non plus 13,7 millions (avant charges sociales et impôts), somme qu'il devrait toucher ultérieurement. 

Frédéric Bergé