BFM Patrimoine

Un recours devant l'AMF contre le bonus de Michel Combes

La question morale n'est pas le seul reproche fait à Michel Combes pour le bonus très généreux qu'il va recevoir pour son départ d'Alcatel.

La question morale n'est pas le seul reproche fait à Michel Combes pour le bonus très généreux qu'il va recevoir pour son départ d'Alcatel. - Thomas Samson - AFP

Le président du cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest juge que le bonus polémique de Michel Combes constitue une "manipulation de marché". Son groupe va saisir l'AMF à ce sujet.

La polémique Michel Combes ne retombe pas. L'actuel patron d'Alcatel-Lucent devrait quitter le groupe avec des primes en actions qui pourraient lui rapporter jusqu'à 14 millions d'euros en trois ans. Personnalités politiques, membres des syndicats et même responsables du Medef se sont indignés du versement d'une somme aussi astronomique.

Et si au-delà de la question morale, de verser une telle prime de départ a un dirigeant qui a opéré 10.000 suppressions de postes en trois ans avant de vendre le groupe à Nokia, il y avait aussi une faute juridique?

C'est ce que plaide Pierre-Henri Leroy, le président de Proxinvest, un cabinet de conseil aux actionnaires, pour qui le marché a été dupé. "On est dans une espèce de manipulation de marché et d'information mensongère. La société nous a présenté une stratégie de fusion extrêmement sobre, avec un dirigeant responsable et raisonnable, et quelques mois après, cette condition est complètement modifiée", déplore-t-il sur BFM Business.

Du bon travail qui ne mérite pas autant

"Il a été dit partout, notamment dans le Journal du Dimanche, qu'il n'y aurait pas d'indemnités de départ, et même pas d'unités de performance. Tout le monde a salué l'intégrité de ce dirigeant, tout le monde a dit bravo", continue-t-il.

Il y a donc "manipulation de marché", estime le spécialiste des relations entre entreprises et actionnaires. "Normalement, nous devrions saisir l'Autorité des marchés financiers sur ce sujet". C'est d'ailleurs ce que compte faire Proxinvest, promet son dirigeant.

Il reconnaît toutefois que ce n'est pas la première fois qu'un tel évènement se produit en France, "c'est même très fréquent, et c'est profondément lié à un capitalisme qui est peu responsable". Michel Combes "a donné satisfaction. Il a très bien travaillé", admet Pierre-Henri Leroy. "Mais ça ne vaut pas 14 millions d'euros".

N.G.