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Les coups bas d’Apple pour gagner la guerre du streaming musical

Le groupe Californien veut convaincre les labels de ne pas reconduire les accords signés avec Soptify et TouTube qui diffusent de la musique gratuite en streaming.

Le groupe Californien veut convaincre les labels de ne pas reconduire les accords signés avec Soptify et TouTube qui diffusent de la musique gratuite en streaming. - Josh Edelson (AFP)

Pour lancer son offre de streaming musical, Apple chercherait à convaincre les labels de ne pas renouveler les accords passés avec Spotify et YouTube sur la diffusion gratuite. Tim Cook serait même prêt à dédommager le manque à gagner.

Quand Apple se lance sur un marché, il faut s’écarter. Et ceci vaut aussi pour les acteurs historiques. Selon le site The Verge, le groupe californien tente de convaincre les grands labels de musiques de ne pas reconduire les accords qu’ils ont signés avec les sites diffusant gratuitement de la musique en streaming.

Les deux principales cibles sont Spotify et YouTube, les deux principaux acteurs de ce marché. La plateforme européenne compte 15 millions d’abonnés payants, mais 60 millions d’utilisateurs qui accède à l’offre freemium. Quant à YouTube, ce sont un milliard de personnes qui se connectent chaque mois à son service.

The Verge ne se contente pas d’accuser. Il cite une source qui affirme qu’Apple aurait proposé à Universal Music de combler leur manque à gagner. Comment? En payant tout simplement la licence à la place de Youtube si l’accord est rompu.

Préparer le terrain pour Beats qui sera lancé en juin

Cette soudaine agressivité d’un leader planétaire s’explique par le très probable lancement en juin, lors de la conférence WWDC, du service de streaming de Beats, le groupe racheté en 2014 pour 3 milliards de dollars (2,7 milliards d’euros).

Si les informations de The Verge se confirment, elles pourraient donner du grain à moudre à la Commission Européenne qui enquête justement sur les relations et les accords passés entre Apple et des labels musicaux. L’inquiétude de l’Europe repose principalement sur la puissance de feu que pourrait mettre en œuvre Apple contre ses concurrents.

Le dossier est entre les mains de Margrethe Vestager, commissaire européenne en charge de la concurrence, qui gère également les dossiers Google. Si l’enquête confirme les suspicions, elle pourrait exiger qu’Apple modifie ses accords. Et, en cas de refus, l’addition pourrait être salée.

Pascal Samama