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Le Cnes amorce sa constellation de nanosatellites pour l'internet des objets

Le premier nanosatellite industriel français, baptisé Angels, sera lancé le 17 décembre prochain depuis la Guyane. L'objectif est de créer, à terme, un ensemble de 25 petits appareils dans l'espace.

Le monde de l'espace se met à l'heure des nanosatellites. Y compris le Centre national d'études spatiales (Cnes) qui s'apprête à lancer Angels, le premier nanosatellite industriel français. Par nanostallite, il faut entendre des appareils bien moins imposants en poids mais tout aussi performants que les satellites classiques.

"On a utilisé les mêmes progrès de la technologie que ceux que vous utilisez quand vous partez en vacances", détaille Jean-Yves Le Gall, invité ce mercredi sur BFM Business dans l'émission Good Morning Business, qui reprend l'exemple de la miniaturisation des appareils photo ces dernières années. "Là, c'est pareil, les satellites diminuent de taille. Il y a 10 ou 15 ans, un satellite faisait au moins 500 kilos. Aujourd'hui, c'est un satellite de 50 kilos (…) que l'on a développé." En réalité, Angels sera même moins lourd: 26,2 kilos sur la balance.

Livré en octobre dernier par Hemeria, une entreprise toulousaine, Angels sera lancé le 17 décembre depuis la Guyane par Arianespace. Son rôle sera avant tout d'être un démonstrateur car le véritable projet est la création "d'une constellation, qui s'appelle Kinéis, pour l'internet des objets" explique Jean-Yves Le Gall.

De nombreux concurrents

En tout 25 nanosatellites sont attendus en orbite pour permettre de couvrir le globe. L'enjeu est majeur puisque l'internet des objets devrait concerner les interconnexions entre 30 milliards d'objets en circulation d'ici 2020. Et puisque la grande majorité de la surface de la Terre n'est pas couverte, la constellation apportera des services importants pour les utilisateurs (et surtout) pour les entreprises du monde entier. L'industrie, bien aidée par le déploiement de la 5G, devrait d'ailleurs largement bénéficier d'un tel réseau spatial.

Mais le Cnes ne sera pas seul sur ce créneau. De nombreux acteurs privés préparent aussi leur propre constellation. C'est le cas d'Eutelsat qui veut aussi déployer 25 nanosatellites. De l'autre côté de l'Atlantique, SpaceX a entamé sa future constellation de mini-satellites "Starlink", qui aura pour but, elle, de fournir internet sur toute la surface du globe. Quant à Kinéis, elle devrait être "opérationnelle dans deux, trois ans à peu près" affirme Jean-Yves Le Gall.

Thomas Leroy