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La French tech veut mieux flécher l'épargne pour grossir plus vite

Les start-up françaises de la tech appellent de leurs voeux des incitations fiscales pour leur permettre de grossir plus rapidement. Le gouvernement devrait annoncer des mesures en ce sens la semaine prochaine.

Le financement des start-up françaises continue à tourner à plein régime. Entre janvier et juin 2019, elles ont levé un total de 2,8 milliards d'euros, un record, soit une hausse de 43% par rapport à l'an dernier selon le baromètre du capital-risque du cabinet de conseil EY. Le secrétaire d'Etat au numérique Cédric O s'en félicitait d'ailleurs récemment sur BFM Business.

Rien que dans la semaine écoulée, les tours de table se sont multipliés pour atteindre un total de 239 millions d'euros selon Maddyness: Spendesk 35 millions d'euros, JobTeaser 50 millions, Akeneo 41 millions, Inotrem 39 millions... 

L'enjeu, c'est maintenant de transformer l'essai avec de grosses opérations de sortie comme des fusions-acquisitions ou des introductions en Bourse qui sont pour l'instant le talon d'Achille de la French tech. Emmanuel Macron devrait d'ailleurs faire des annonces mardi prochain, à la veille du France Digitale Day et à quelques jours du lancement de Next40, un indice qui va rassembler les start-up françaises les plus prometteuses. Un premier levier pour permettre à ces jeunes pouces de grossir.

Jean-Marc Patouillaud, le patron de Partech évoque, ce vendredi sur le plateau de Good Morning Business, les attentes du secteur. Parmi les mesures phares attendues, "ce panel des meilleures sociétés françaises technologiques, basées en France et qui aspirent ou qui sont déjà d'un rang mondial". L'investisseur, qui s'est déjà entretenu avec Emmanuel Macron sur ce sujet, connaît déjà les détails de ce "fameux Next40" qui devra "faire rayonner les meilleurs soldats français sur le front de la tech." BFM Business recevra d'ailleurs plusieurs de ces entreprises dans le courant de la semaine prochaine.

Des dispositions fiscales pour l'investissement

Mais il évoque surtout une deuxième mesure phare, "demandée par les professionnels de l'investissement, aussi bien que par les entrepreneurs". Il s'agit de réaliser "un meilleur fléchage des allocations d'actifs des grands institutionnels français parce que, même s'il y a eu beaucoup d'efforts de fait notamment de la part des assureurs, on voit bien que là-aussi, si on se compare à l'Angleterre ou les Etats-Unis, il y a là-aussi un très gros écart." En clair, il s'agira d'améliorer le "fléchage de l'épargne, en particulier dans l'assurance-vie" pour investir dans la tech, indique Jean-Marc Patouillaud.

Comment y parvenir ? "On ne contraint jamais, on encourage" poursuit-il. "Il y a la voix de l'Elysée qui porte loin et il y aura très certainement des dispositions fiscales qui feront que ces compartiments d'unités de comptes dans les assurance-vie seront traités différemment" des autres.

Des règles prudentielles à changer?

"Je pense que l'effort portera essentiellement sur les fonds de ce qu'on appelle 'late stage', c'est-à-dire des fonds qui sont capables d'apporter des sommes significatives dans ces fameux tours à 50, à 100 ou à 200 millions, où on voit encore beaucoup d'acteurs anglo-saxons" être en position de force, indique-t-il. Ces annonces devraient être confirmées par Emmanuel Macron, ce mardi.

Cette problématique du fléchage de l'épargne est également prégnante pour Olivier Mathiot, vice-président de l'association France Digitale qui s'exprimait également sur BFM Business.

"Il n'y a pas suffisamment de fonds qui ont des moyens d'investir". Les gestionnaires de fonds d'assurance-vie notamment "sont trop contraints par des règles prudentielles. Il faut absolument repenser la façon dont ses fonds sont fléchés", insiste-t-il.

TL et OC