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La France à la traîne dans l'Europe du numérique

Pour Günther H. Oettinger, commissaire européen en charge du numérique, il faut accélérer la cadence pour créer un marché unique européen du numérique. Un message qui semble particulièrement destiné aux Français.

Pour Günther H. Oettinger, commissaire européen en charge du numérique, il faut accélérer la cadence pour créer un marché unique européen du numérique. Un message qui semble particulièrement destiné aux Français. - Emmanuel Dunand - AFP

Selon l'édition 2016 de l'indice sur la société et l'économie numérique (DESI) de la Commission européenne, la France a perdu quelques places pour se retrouver en 16e position, sur 28 pays. Les Scandinaves et les Néerlandais sont en tête du classement.

L’Europe numérique est en marche, mais pas question de se reposer sur ses lauriers, car face aux Américains, aux Japonais, aux Coréens, rien n’est gagné. Dans l’édition 2016 de l'indice sur la société et l'économie numérique (DESI), la Commission européenne note en effet de belles progressions sur le développement de la connectivité, des compétences et des services publics.

Mais elle observe une tendance qui impose la prudence, comme le note Günther Oettinger, commissaire européen pour l'économie et la société numérique pour qui "l'UE progresse, mais trop lentement. Il ne faut pas céder à l’autosatisfaction".

Un compliment qui ne concerne pas vraiment la France. Dans cette dernière étude, elle a perdu deux places pour se retrouver cette année en 16e position. Un recul surprenant au regard du dynamisme et de l’innovation de la French Tech et des avancées dans le très haut débit. Malgré cela, les résultats de l’indice sont impitoyables. Pour les auteurs de l’étude, "la France a perdu sa place en termes de connectivité, d’usages et de service public numérique". Pas moins! 

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- © Commission Européenne

Alors que le haut débit fixe est largement développé avec 71% des foyers qui y ont accès, seulement 3,5% des foyers français ont accès au très haut débit. Sur l’usage, la Commission européenne constate que 81% des Français sont des internautes et que les compétences de base sont partagées par 57% de la population. En revanche, seulement 3,5% des actifs affichent de réelles compétences professionnelles (diplômes en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) pour accéder à l’un des emplois offerts par le numérique. Quant aux services publics, ils avancent, mais bien trop lentement face aux autres états de l’Union.

Le paysage numérique français est encore plus inquiétant quand on découvre que sur "l'intégration des technologies numériques par les entreprises, la France affiche la valeur la plus faible" d’Europe.

La France rejoint les pays accusant un retard numérique

L’indice de la France est désormais à 0,51, soit une fois de plus en dessous de la moyenne européenne qui s’élève cette année à 0,52. Les bons élèves de l’Union sont majoritairement les pays scandinaves (Danemark, Suède et Finlande), les Pays-Bas, la Belgique et la Grande-Bretagne qui affichent tous des indices supérieurs à 0,6.

Pour la France, cette étude sonne brutalement. Surtout lorsque ses auteurs concluent que "la France appartient désormais à la catégorie des pays accusant un retard" numérique. Ce recul inquiète l’Europe qui, pour la première fois, évoque la compétition avec les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud.

Un rapport sur un nouvel indice international des performances numériques sera publié mi-mars 2016. Sans rien dévoiler de ces résultats, la Commission européenne indique seulement "que les pays qui obtiennent les meilleurs résultats en matière de numérique dans l'UE se trouvent aussi dans le groupe de tête du classement mondial."

Mais, pour ne pas laisser refroidir les ambitions et surtout pour préparer le marché unique du numérique en Europe soutenu par le vice-président Andrus Ancip, Günther Oettinger rappelle que "l'UE dans son ensemble doit faire des progrès significatifs pour occuper une place de premier plan au niveau mondial". Un message que la France doit prendre pour elle?

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco