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L'Ile-de-France prépare l'ouverture à la concurrence dans les lignes de bus

La future ouverture à la concurrence s'appliquera fin 2024  aux lignes de bus de Paris et de la petite couronne, exploitées en situation de monopole par la RATP.

La future ouverture à la concurrence s'appliquera fin 2024 aux lignes de bus de Paris et de la petite couronne, exploitées en situation de monopole par la RATP. - Thomas SAMSON-AFP

Pressée par Bruxelles d'ouvrir les 1500 lignes de bus franciliennes à la concurrence, l'autorité régionale des transports commence par Optile, un marché de 900 millions d'euros, concernant un réseau en grande banlieue. Un appel d'offres pour un premier lot a été lancé en 2018 dont le vainqueur sera désigné cet été et 38 autres appels d'offres seront lancés d'ici 2021.

Si l'ouverture à la concurrence des lignes de bus exploitées à Paris et sur le petite couronne parisienne par la RATP ne sera effective que fin 2024, Ile-de-France Mobilités (IDFM) se prépare à cette échéance en commençant par se "faire la main" sur les réseaux de bus de la grande banlieue.

La région francilienne dépense actuellement 2,3 milliards d'euros par an pour faire rouler les bus de la région. Ceux-ci sont répartis en deux réseaux: celui de la RATP à Paris et dans la proche banlieue; et Optile, qui emploie 10.000 personnes dans toute la grande couronne et dont l'exploitation est répartie en 140 contrats passés de gré à gré, représentant un marché d'environ 900 millions d'euros. Transdev en détient grosso modo la moitié, suivi par Keolis (filiale de la SNCF, 20%) et la RATP (10%, via des filiales).

Pressée par Bruxelles d'ouvrir les 1500 lignes de bus franciliennes à la concurrence, l'autorité régionale des transports va commencer par Optile. IDFM a redécoupé ce réseau en 39 lots, prêts à être attribués par appel d'offres et non plus de gré à gré. Correspondant à des "bassins de vie", certains sont plus petits que d'autres, pour laisser une chance aux PME du transport face aux grands groupes.

Un premier appel d'appel d'offres pour le sud-est de Paris

L'appel d'offres pour le premier lot a été lancé l'an dernier pour un mini-réseau qui regroupera au sud-est de Paris le futur tramway T9 (qui reliera la porte de Choisy à Paris au centre-ville d'Orly dans l'Essonne) et sept lignes de bus actuellement exploitées par Keolis. Le vainqueur sera connu cet été et devra être opérationnel à partir du 1er janvier 2021.

IDFM va lancer les 38 autres appels d'offres d'ici 2021, avec dès cette année six premiers lots en juillet et six autres à l'automne.

"On se mobilise là-dessus", dit Thierry Mallet, le PDG de Transdev. "On sera candidats sur plusieurs lots", renchérit celui de Keolis, Jean-Pierre Farandou. "Peut-être pas les 38, mais plusieurs lots. Dès lors qu'on considèrera qu'on a des chances de gagner, bien évidemment." La RATP sera également de la bataille, via de nouvelles filiales.

Frédéric Bergé avec AFP