BFM Business

Il dit avoir inventé l’iPhone et réclame à Apple sa part du gâteau

Thomas Ross a déposé en 1992 un brevet non validé pour un appareil de lecture électronique. Convaincu que Steve Jobs s'en est inspiré, il réclame 10 milliards de dollars à Apple ainsi que 1,5% sur les ventes de smartphones.

10 milliards de dollars! Ce n’est pas la cagnotte d’un loto, ni une nouvelle levée de fonds d’Uber. Il s’agit de la somme réclamée par Thomas Ross qui revendique l’invention de l’iPhone bien avant que Steve Jobs n’y ait pensé. Document à l’appui, cet Américain a déposé un brevet en 1992 pour ERD (Electronic Reading Device, appareil de lecture électronique) de forme rectangulaire et dont les dimensions permettent aux utilisateurs de l’avoir en main. Il affirme donc que son idée a été "détournée et exploitée par Apple pour les iPod, les iPhone et les iPad".

Thomas Ross estime que le tort qu’il a subi est irréparable, incommensurable et difficilement compensable financièrement. Il réclame néanmoins 10 milliards de dollars à Apple ainsi qu’une part de 1,5% sur les ventes d’appareils tactiles. Ce qui pourrait représenter un pactole annuel de 3,5 milliards de dollars.

Pour prouver sa bonne foi, cet inventeur a fourni à la justice les dessins de l’ERD réalisés en 1992 pour déposer son brevet. Néanmoins, comme l’a révélé The Telegraph, le brevet n’a jamais été approuvé. L’intéressé n’aurait en effet jamais payé les frais dus à l’USPTO (US Patent and Trademark Office) et "la demande a été abandonnée en 1995". Mais il en est convaincu, Steve Jobs se serait inspiré de son idée pour révolutionner le monde des technologies en 2007 avec l’iPhone.

-
- © The Telegraph

Thomas Ross apporte un autre élément à son dossier pour prouver que le fondateur d’Apple a puisé parmi ses autres idées. Il va même jusqu’à affirmer que pour leur R&D, les équipes de Cupertino n’hésitent pas à "fouiller les poubelles".

Pour appuyer cette accusation, il cite Jobs qui disait qu’il n’avait "aucune vergogne à voler les idées des autres". Une allusion à la création du Mac dont l’idée de la souris et de l’interface graphique aurait été puisée au Palo Alto Research Center (PARC) de Xerox.

Va-t-il obtenir gain de cause? Personne n’y croit, et Apple aurait déjà mis une armée d’avocats sur l’affaire. Mais ces experts des affaires sensibles ne gagnent pas à tous les coups. Il y a quelques jours, le site MacRumors a dévoilé que le groupe californien paierait 25 millions de dollars pour un brevet déposé en 1999 par la société de Mirror World, qu’il a utilisé pour développer Time Machine. La start-up a été rachetée en 2013 par Network1 qui a décidé de faire valoir ses droits.

Apple n’est pas le premier à devoir s’acquitter des droits pour ce brevet. Il y a un an, Network1 a fait condamner Microsoft à lui verser 4,6 millions de dollars, soit quatre fois moins que la somme réclamée à Apple.

Pascal Samama