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Gilets jaunes: Amazon refuse de réintegrer un salarié qui avait appelé au blocage d'un dépôt

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- - Ina Fassbender-AFP

Licencié pour avoir appelé au blocage d'un entrepôt en plein mouvement des gilets jaunes, un salarié d'Amazon demandait à être réintégré par son employeur. Le conseil de Prud'hommes a tenté en vain une conciliation.

Le groupe américain Amazon a refusé lundi de réintégrer un salarié licencié en décembre pour avoir appelé à bloquer les entrepôts du géant de la vente sur internet dans le cadre du mouvement des "gilets jaunes", a-t-on appris auprès de son avocat.

La direction d'Amazon et l'ancien salarié ont comparu lundi devant le conseil de prud'hommes pour une conciliation qui n'a duré que quelques minutes. Le salarié a demandé sa réintégration et Amazon a rejeté sa demande. 

Les faits remontent au 18 novembre dernier. Le salarié, employé dans les entrepôts d'Amazon à Saran (Loiret), près d'Orléans, avait été mis à pied pour avoir posté sur la page Facebook "Nous gilets jaunes", suivie par plusieurs dizaines de milliers de personnes, un appel au blocage des entrepôts. Moins de trois semaines plus tard, il était licencié pour faute grave. 

"Une affaire de liberté publique"

"En parlant de blocage, je voulais dire appel à la grève. J'ai agi sous le coup de la colère", dit aujourd'hui ce salarié, qui fait aussi observer que ce message n'a eu aucune incidence et qu'il n'a été ni partagé ni commenté.

"C'est une affaire de libertés publiques, on ne peut pas licencier un salarié parce qu'il a lancé un appel à faire grève", ajoute son avocat, Avi Bitton. Amazon va désormais devoir apporter des éléments de preuve complémentaires d'ici la fin juin et les parties se retrouveront pour un examen du dossier sur le fond dont la date sera fixée lors d'une nouvelle audience prévue en octobre.

Frédéric Bianchi avec AFP