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Fusion Capgemini / Altran : un géant à 17 milliards d’euros

L’acquisition d’Altran par Capgemini fera de la nouvelle entité le leader de la transformation digitale des entreprises industrielles et de technologie.

17 milliards d’euros de chiffre d’affaires et plus de 250 000 collaborateurs... C’est un gros coup que s’apprête à réaliser Capgemini. Le leader mondial du conseil, des services informatiques et de la transformation numérique a annoncé un accord en vue de l’acquisition d’Altran, leader mondial du conseil en innovation et ingénierie avancée. Le tout via une OPA amicale au prix de 14 euros par action. Les conseils d’administration des deux groupes ont entériné, à l’unanimité, la démarche.

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« Le montant total de la transaction s’élèvera à 3,6 milliards d’euros, avant prise en compte de la dette financière nette d’environ 1,4 milliard d’euros » indique un communiqué des deux entreprises, publié lundi soir. Grâce à l’opération, les deux groupes visent des synergies de coûts et de modèles opérationnels estimés « entre 70 et 100 millions d'euros avant impôts en année pleine » d’ici trois ans, générant un chiffre d'affaires annuel additionnel compris « entre 200 et 350 millions d'euros » à la même échéance.

« Je vais prendre un exemple très concret avec la voiture connectée. Capgemini travaille sur l’architecture informatique, sur les transmissions, sur le stockage et la structuration des données. Altran travaille sur l’adaptation des puces dans la voiture à tous les systèmes de connexion, le développement des voitures, la simulation 3D pour développer de nouvelles fonctionnalités. Ils sont dans la voiture, nous sommes autour de la voiture. On va devenir un partenaire formidable de grands acteurs de l’automobile », souligne le patron de Capgemini, Paul Hermelin, invité de la matinale de BFM Business.

« Un mouvement audacieux »

« L’industrie vit comme les autres l’irruption du digital et des technologies de l’information […]. Nous pensons que c’est un mouvement audacieux, qui peut se faire car nous sommes deux sociétés qui nous connaissons, qui partageons une culture commune, celles des ingénieurs français, et qui toutes les deux se sont déployées à l’international […]. Ensemble, dans des secteurs comme l’aéronautique, l’automobile, les circuits intégrés, les télécoms, nous devenons le partenaire de référence de ces segments dans leur transformation digitale, et donc nous prenons de l’avance », poursuit-il.

Une manière de marier l’informatique à la réalité industrielle. « La 5G ce n’est pas juste recevoir des vidéos sur son téléphone portable. C’est un signal d’une telle sécurité et d’une telle rapidité qu’il va permettre d’organiser et de coordonner des processus de production à distance […]. C’est une révolution industrielle. Nous voulons être un pionnier de cette révolution », avance Paul Hermelin. « Nous allons fournir la puissance de l’informatique à tous les métiers […], et demain à l’ensemble des processus de l’entreprise », assure-t-il.

Le secteur des services d’ingénierie et de R&D est attendu en croissance d’environ 9% par an sur les prochaines années. Le rapprochement permettra au nouvel ensemble, premier acteur mondial en taille (notamment aux USA et en Europe) de s’appuyer sur ses expertises sectorielles reconnues pour développer son offre sur ce segment prometteur.