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Free s'apprête-t-il à lancer une néo-banque?

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L'opérateur n'a jamais confirmé son ambition sur ce terrain mais une filiale d'Iliad vient d'obtenir un code Swift et des agréments techniques.

A l'instar d'Orange avec Orange Bank lancée il y a deux ans, l'opérateur télécoms Free pourrait se lancer dans le segment des néo-banques. Déjà en 2001, Iliad déposait à l'INPI (Institut national de la propriété industrielle) la marque Free Bank et, en 2017, le groupe de Xavier Niel confirmait avoir été approché par des établissements bancaires français afin de lancer un service financier estampillé Free.

Depuis, pas de grande manœuvre dans ce domaine mais les choses semblent s'accélérer puisque, selon Mindtech, Iliad 78, une nouvelle filiale d'Iliad, la maison mère de Free, vient d'obtenir auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) "le droit de déployer des services d’agrégation de compte (AISP) et d’initiation de paiement (PISP) dans le cadre de la DSP2”.

Beaucoup de candidats, peu d'élus

Et au mois de septembre, la même filiale obtenait un code Swift (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication), un numéro d’identification internationale bancaire, qui permet d'être utilisé lors de transferts d’argent entre banques, ou pour les virements électroniques internationaux. Pour Free, proposer des services bancaires et financiers à ses presque 20 millions de clients fixe et mobile a évidemment du sens. Surtout si cette néo-banque adopte son modèle économique agressif, et dans un contexte où Iliad fait partie des membres fondateurs de l'association Libra, du nom du projet de monnaie numérique de Facebook. 

Mais ce marché est aujourd'hui déjà bien occupé par une myriade d'acteurs (avec un nombre d'opérateurs en France multiplié par trois en 3 ans, selon une étude de KPMG publiée en juillet dernier), à l'instar de N26, Revolut ou encore Orange Bank. En outre, la rentabilité est loin d'être au rendez-vous, compte tenu des importants investissements technologiques à consentir. Si Orange Bank revendique 344.000 clients à la fin septembre, les pertes se hissent déjà à 115 millions d'euros depuis le début de l'année. Quant à C-zam, la banque en ligne lancée par Carrefour il y a deux ans, elle peine à dépasser les 150.000 clients. A tel point que le distributeur cherche à céder rapidement cette activité, selon une source syndicale.

Malgré des marques fortes et des bassins importants de clients potentiels, ces néo-banques souffrent d'un déficit de confiance. Selon l'étude de KPMG, "le déficit de notoriété est le premier des défis des néo-banques, qui ont encore un chemin à parcourir pour construire leur capital de confiance. Cela se justifie par le contexte actuel où les clients sont particulièrement sensibles à la sécurisation de leurs données bancaires et de leurs paiements".

Olivier Chicheportiche