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Concurrence: les autorités américaines demandent des comptes à Google

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- - Justin Sullivan - AFP

Après l’Europe et la Russie, c’est au tour des États-Unis de s’interroger sur la manière dont Google gère sur Android ses propres services et ceux des autres sociétés.

L’abus de position dominante ne passe pas plus aux États-Unis qu’en Europe ou en Russie. Selon Bloomberg, le géant de l’internet fait l’objet d’une enquête lancée par la Commission de la concurrence américaine (FTC). Elle soupçonne Google de favoriser ses propres services au détriment de ceux des autres sociétés sur Android, son système d’exploitation mobile installé sur la majorité des smartphones.

Cette enquête aurait pour origine une plainte de "certaines sociétés high-tech du département de la Justice" remontant à avril 2015.

Comme le rappelle l’AFP, la FTC n’en est pas à son coup d’essai sur ce dossier. Elle a mené des enquêtes sur des méthodes qui permettaient à Google de mettre en avant ses propres services (vidéos de sa filiale YouTube, voyages, avis sur des restaurants) dans les résultats de recherche. Le dossier a été fermé en 2013 en échange d'engagements de bonne conduite de Google.

Cette fois encore, l’affaire pourrait ne pas aller très loin. La FTC a déjà commencé à auditionner des responsables du groupe. Mais, selon des sources proches du dossier, "l'enquête pourrait être classée sans suite."

L'Europe instruit, la Russie condamne, les USA vont-ils classer l'affaire?

En Europe, les choses risquent de moins bien se passer. Depuis 2010, les services européens de la concurrence enquêtent sur des accusations d’abus de position dominante dans la recherche sur internet. Le commissaire européen chargé du numérique, l'Allemand Günther Oettinger, a évoqué mercredi "des progrès" dans cette procédure sans en dire plus.

En Russie, l’affaire a été traitée de manière expéditive. Après une plainte de Yandex, le moteur de recherche russe, auprès du Service fédéral anti-monopole (FAS), le géant américain a été reconnu coupable d'abuser de position dominante avec son système Android. Le groupe devra régler une amende qui, selon la loi en vigueur en Russie, pourrait atteindre 15% du chiffre d’affaires des applications mobiles.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco