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Concurrence: Google réfute "les allégations de l’Europe"

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- - Kimihiro Hoshino - AFP

Google juge "inexactes" les accusations d’abus de position dominante. Le groupe indique entre autre que Bruxelles a omis "d'examiner l'impact des principaux services commerciaux comme Amazon et eBay, qui sont les plus grands acteurs de cet espace."

"Nous pensons que les conclusions préliminaires de la communication des griefs sont erronées, tant en ce qui concerne les faits, qu'en termes économiques ou juridiques". C’est en résumé la réponse de Google à la Commission Européenne qui l’accuse d’abus de position dominante dans les résultats de recherche sur Internet.

Ce billet titré "Améliorer la qualité ne porte pas atteinte à la concurrence" a été publié sur son blog européen. Il répond, point par point, aux griefs de la Commission européenne. Ce message, signé par Kent Walker, Vice-président senior et directeur juridique de Google, sera vraisemblablement la seule réponse qui sera fournie.

Selon la Commission européenne, Google favoriserait "systématiquement son propre produit de comparaison de prix dans ses pages", par rapport aux services de comparaison de prix concurrents. Ainsi, les internautes "ne voient pas nécessairement les résultats les plus pertinents en réponse à leurs requêtes", notait la Commission.

Google est "impatient d’en discuter avec la commission"

"Si l'enquête devait confirmer nos craintes, Google devrait en assumer les conséquences juridiques et modifier la façon dont elle conduit ses activités en Europe", avait averti la commissaire chargée de la Concurrence, Margrethe Vestager.

Convaincu d’avoir trouvé une faille, Google se déclare donc impatient d’en discuter avec la commission. L’un des arguments avancé repose sur le fait que la communication des griefs "ne prend pas en considération l'impact de services de shopping (en ligne) majeurs, tels Amazon ou eBay", qui exercent une importante pression concurrentielle, y compris sur Google.

Le groupe souligne également son rôle positif sur le trafic en Europe. "Nous avons offert 20 milliards de clics gratuits aux agrégateurs de contenu" en Europe, "avec une augmentation de 227% pour le trafic gratuit et plus importante encore pour le trafic global", insiste le géant américain, manière de dire que ses concurrents, dont une partie des plaignants, ont pu tirer profit de sa présence plutôt qu'en pâtir.

En plus de ce billet, Google publie aussi une vidéo de ses ingénieurs qui expliquent la manière dont les services "ont évolué pour offrir aux utilisateurs de meilleurs résultats et publicités."

Pour l’heure, la Commission n’a pas répondu. Mais difficile d’imaginer qu’elle va se satisfaire de ces explications. L’enjeu est de taille puisque Google risque une amende de 6,2 milliards d’euros, soit 10% de son chiffre d’affaires mondial.

Pascal Samama