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Comment le CES donne des ailes aux start-up françaises

Pour Connected Cycle, la décision de se rendre au CES a été prise, presque comme un jeu, un défi. Mais, la préparation à l’événement est aussi sensible que l’entraînement des sportifs qui se rendent aux Jeux Olympiques.

Pour Connected Cycle, la décision de se rendre au CES a été prise, presque comme un jeu, un défi. Mais, la préparation à l’événement est aussi sensible que l’entraînement des sportifs qui se rendent aux Jeux Olympiques. - Robyn Beck - AFP

La start-up française qui a inventé la pédale de vélo connectée a participé au CES 2015. Jean-Marie Debbasch, cofondateur de Connected Cycle nous raconte ce que ce voyage a apporté à son projet.

Désormais, le CES s’impose aux start-up de toute la planète comme un passage obligé dans leur parcours. C’est presque un pèlerinage que tout dirigeant doit faire. Mais que gagnent ces jeunes entreprises à passer du temps et à investir financièrement dans un tel voyage?

C’est la question que nous avons posée à Jean-Marie Debbasch, cofondateur de Connected Cycle, une start-up qui connecte les vélos grâce à une pédale révolutionnaire. Et, pour lui, le gain est indiscutable. La décision de s’y rendre a été prise, presque comme un jeu, un défi. Mais, la préparation à l’événement a été aussi importante que l’entraînement des sportifs qui se rendent aux Jeux Olympiques.

Sans préparation, il faut s'attendre au pire

"Le CES ne nous a pas rendus meilleurs, il nous a donné une visibilité que nous n’espérions pas", nous a expliqué ce jeune dirigeant. "Du jour au lendemain, nous étions connus de tous. Pour preuve, la campagne que nous avons lancée sur IndieGogo après le CES. En quelques heures, nous avons atteint notre objectif de financement."

La start-up a bel et bien récupéré les fruits du salon de Las Vegas, mais Jean-Marie Debbasch rappelle que pour cette récolte, il faut semer et bien le faire. "Ce voyage ne doit pas se faire à la légère en s’imaginant qu’une fois sur place le succès est assuré", prévient-il. "Il réclame plus de professionnalisme que de moyens, on ne peut y aller les mains dans les poches".

À l’époque, en plus de gérer le développement de leur entreprise, les équipes ont dû investir de nombreuses heures pour mettre en place un stand séduisant qui donne aux visiteurs l’envie de s’y arrêter et faire de la communication auprès des médias. "Nous n’avions pas les moyens de prendre une agence de relations presse, nous avons fait nous-même notre communication. Mais, heureusement, Business France nous a non seulement conseillés, mais surtout épaulés pour faire fructifier notre présence sur place."

Business France est le fruit de la fusion entre l'Agence française pour les investissements internationaux (Afii) et de l'Agence française pour le développement international des entreprises (Ubifrance).

Savoir redescendre du nuage américain

Enfin, dernier conseil et pas des moindres: il ne faut pas céder à la précipitation. "Si le projet n’est pas calé, mieux vaut attendre la prochaine édition. On ne peut leurrer personne, ni les investisseurs, ni les médias, et encore moins soi-même. Ce serait une erreur fatale. Mais si tout est bien préparé et que c’est le moment, il ne faut pas attendre pour y aller."

Et si l’aller se passe bien, Jean-Marie Debbasch conseille aussi de préparer son retour de Las Vegas. "Là-bas, on vit comme sur un nuage. Tout le monde vient vous voir, vous vous sentez important, mais en revenant en France, il faut revenir sur terre, car les investisseurs ne sont pas dans l’émotion, ils restent très terre à terre, et tant mieux. »

Et la petite équipe de Connected Cycle s’est vite rendu compte qu’une levée restait aussi délicate avec un CES. Les investisseurs se méfient des battages médiatiques et demandent du concret pour financer les projets. "Mais tout cela reste positif. Le CES est une expérience que nous conseillons à tous les start-upers et leur précisant quand même qu'il s'agit d'une épreuve à ne pas prendre à la légère."

Et lorsqu'on lui demande pourquoi il ne participe pas à l'édition 2016 du CES, le cofondateur de Connected Cycle à un argument imparable: "Après avoir éclos dans la French Tech, nous avons choisi, pour 2016, de nous concentrer sur l'écosytème du vélo, c'est pourquoi nous serons au Taipei Cycle Show en Mars." Et encore une fois, avec le soutien de Business France.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco