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Barcelone met à l'amende Airbnb et son rival Homeaway

Les autorités municipales de Barcelone veulent freiner la location au noir de logements par le biais des plateformes Internet.

Les autorités municipales de Barcelone veulent freiner la location au noir de logements par le biais des plateformes Internet. - Lluis Gene-AFP

La ville sanctionne les deux sites internet de location entre particuliers pour avoir proposé des appartements non inscrits au registre du tourisme de Catalogne. Une première, lourde de conséquences pour Airbnb...

Barcelone a mis ses menaces à exécution à l'encontre d'Airbnb et de son rival Homeaway. Les deux plateformes Internet de location d'hébergements entre particuliers se sont vues infliger deux amendes de 30.000 euros pour avoir proposé des logements qui n'étaient pas habilités à recevoir des touristes.

La municipalité dirigée par Ada Colau, égérie du mouvement des Indignés espagnols et activiste notoire contre la spéculation immobilière, a lancé "quatre procédures disciplinaires contre chacune des deux plateformes pour avoir fait la publicité de logements qui n'étaient pas inscrits au registre du Tourisme de Catalogne ou pour ne pas avoir répondu aux exigences de l'administration", a-t-elle annoncé.

Barcelone oblige l'inscription des locations de tourisme sur un registre

La réglementation locale stipule que tous les appartements ou maisons loués à des touristes doivent faire l’objet d’une inscription dans un registre dédié, supervisé par le ministère du tourisme.

Grâce à un programme informatique surveillant les annonces en ligne, la mairie a pu identifier 3.929 logements loués de façon irrégulière à des touristes sur le site HomeAway et 1.891 hébergements sur Airbnb.

Par cette sanction, la municipalité catalane veut donner un coup d'arrêt à la location "au noir" de logements par le biais des plateformes Internet. Dès juillet 2015, la nouvelle maire Ada Colau avait annoncé le gel pour un an de l'attribution de nouvelles licences hôtelières.

Un service de dénonciation par les voisins a été créé

Pour mieux identifier les logements touristiques en règle, les autorités de la vieille ville ont notamment commencé à y apposer des plaques, dans le quartier de la Barceloneta, au bord de la Méditerranée. L'été dernier, une série d'inspections avait été lancée dans cette zone pour détecter les logements loués illégalement et sanctionner ceux qui les proposent. Un service de dénonciation par les voisins avait même été créé.

Troisième ville la plus visitée d'Europe après Londres et Paris, Barcelone accueille 27 millions de touristes par an. Selon l'organisation professionnelle des hôteliers espagnols, elle concentre à elle seule plus de 137.000 lits sur les plateformes collaboratives, soit presque le double de l'offre conventionnelle.

Dans le collimateur des autorités de plusieurs villes du monde, Airbnb a publié en novembre un "code de bonne conduite" afin que ses hôtes s'engagent à respecter les règles fiscales locales. À Paris, Airbnb collecte la taxe de séjour pour la municipalité depuis octobre 2015.

Frédéric Bergé