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Affaire Tapie: Montebourg veut le départ du patron d'Orange s'il est mis en examen

Arnaud Montebourg demande à Stéphane Richard d'être exemplaire

Arnaud Montebourg demande à Stéphane Richard d'être exemplaire - -

Le ministre du Redressement productif a expliqué au "Monde" qu'il souhaite la démission de Stéphane Richard s'il est mis en cause dans l'affaire Tapie-Lagarde. Le patron d'Orange juge cette requête "irresponsable".

Arnaud Montebourg est prêt à faire tomber une tête dans le cadre de l'affaire Tapie-Lagarde. Le ministre du Redressement productif a affirmé au Monde, ce jeudi 6 juin, que "si [le PDG d'Orange] Stéphane Richard est mis en examen, il lui sera difficile de rester" à son poste.

"Jérôme Cahuzac a démissionné alors qu'il n'était pas mis en examen. Nous devons tous être exemplaires, ministres et patrons de grandes entreprises publiques", a-t-il poursuivi.

Le Monde cite également un proche de François Hollande, qui assure: "il va falloir un fusible dans cette affaire. Pour raison d'Etat, personne ne veut inquiéter Christine Lagarde à la tête du FMI et en plus elle s'est bien défendue..."
Jérôme Cahuzac a démissionné alors qu'il n'était pas mis en examen. Nous devons tous être exemplaires, ministres et patrons de grandes entreprises publiques"

Richard va demander des "réassurances"

"J'ai eu l'assurance de François Hollande que je resterai à mon poste, et aussi celle de David Azéma, le patron de l'Agence des participations de l'Etat" a réagi Stéphane Richard, interrogé par le quotidien.

"C'est vraiment irresponsable d'agiter ainsi les esprits, au risque de déstabiliser un groupe de 170.000 salariés dans le monde", a-t-il poursuivi, ajoutant qu'il allait demander des "réassurances, tout de suite" au chef de l'Etat. "Ma position personnelle, dans l'affaire Tapie, c'est qu'elle n'a rien à voir avec mes responsabilités à la tête d'Orange".

Interrogé mercredi 24 avril sur BFM Business, celui qui dirigeait le cabinet de la ministre de l'Economie à Bercy au moment de la décision de recourir à la procédure d'arbitrage, avait déclaré "ne pas redouter" les développements de l'enquête, au prétexte qu'il ne s'était "pas enrichi dans cette affaire".

"Je n'ai fait que mon job. J'étais directeur de cabinet. Ce n'est pas moi qui ai pris la responsabilité politique de cette décision. Ceux qui l'ont fait, d'ailleurs, l'assument parfaitement", avait-il ajouté.

Stéphane Richard doit être auditionné par les enquêteurs lundi 10 juin dans le cadre de l'affaire Tapie.

L'Etat français détient environ 27% du capital de France Télécom, devenu Orange depuis le 28 mai dernier. Rappelons qu'un conflit vient déjà d'opposer Arnaud Montebourg et Stéphane Richard au sujet de la vente de Dailymotion à Yahoo!

J.M.