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Accusé par Londres, Moscou dément avoir lancé la cyberattaque NotPetya

Le président russe Vladimir Poutine, le 8 mars 2018.

Le président russe Vladimir Poutine, le 8 mars 2018. - Alexey Nikolsky - Sputnik - AFP

En juin 2017, la cyberattaque NotPetya a paralysé des milliers de sites informatiques de grandes entreprises, de services publics et de sites sensibles dans de nombreux pays. Les Britanniques accusent le Kremlin, qui "dément catégoriquement" en être à l'origine.

"Russophobie". Voilà comment Moscou qualifie les accusations de Londres ce jeudi. Le Kremlin a démenti "catégoriquement" être à l'origine de la cyberattaque NotPetya de juin 2017, initiée en Ukraine et en Russie avant de se propager dans le reste du monde, comme l'en a accusé le Royaume-Uni.

"Nous démentons catégoriquement de telles déclarations. Nous les jugeons dépourvues de preuves et infondées. Il ne s'agit de rien d'autre que de la continuation d'une campagne russophobe", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Banques, multinationales et sites stratégiques ou sensibles

Le Royaume-Uni a accusé jeudi "le gouvernement russe, spécifiquement l'armée russe" d'être responsable de cette cyberattaque au rançongiciel (ransomware) qui avait contaminé des milliers d'ordinateurs en 2017. Elle avait notamment perturbé des multinationales et infrastructures critiques, comme les contrôles sur le site de l'accident nucléaire de Tchernobyl et les ports de Mumbai et d'Amsterdam.

Parmi les entreprises touchées figuraient le pétrolier russe Rosneft, le transporteur maritime danois Maersk, le laboratoire pharmaceutique américain Merck, le spécialiste français des matériaux de construction Saint-Gobain ou le publicitaire britannique WPP. En Ukraine, pays le plus touché, les opérations des banques avaient été affectées et les autorités avaient évoqué une attaque sans précédent.

L'attaque, sous le couvert d'une entreprise criminelle, "avait principalement pour but de perturber", a souligné le ministère britannique dans le communiqué. "Le Royaume-Uni et ses alliés ne toléreront pas de cyberactivité malveillante", a-t-il ajouté.

Faire face à la cyberguerre froide

Londres a déjà dénoncé à plusieurs reprises les actes "hostiles" de la Russie, Theresa May citant notamment, dans un discours prononcé en novembre 2017, "l'annexion illégale de la Crimée" mais aussi des campagnes de "cyber espionnage" et "l'ingérence lors d'élections". 

En janvier, c'était le chef de l'état-major interarmes britannique, le général Nick Carter, qui avait déclaré que la Russie constituait une menace pour le Royaume-Uni et réclamé plus d'investissements pour les forces armées afin qu'elles soient en mesure d'y faire face. 

Constatant que le Kremlin avait positionné la Russie "en opposition directe de l'Occident", le secrétaire d'État Tariq Ahmad a appelé le pays à "être le membre responsable de la communauté internationale qu'elle prétend être plutôt que d'essayer secrètement de la miner".

N.G et P.S. avec AFP